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Panique en Sarkozie

Publié le 11 février 2008 à 12h06 par

Un vrai-faux SMS qui devient une affaire d'Etat après l'attaque au pénal du Nouvel Observateur, un lâchage en morne campagne de son porte-parole, David Martinon, étiqueté Cécilia-boy, qu'il avait lui-même parachuté à Neuilly, son fief... A quatre semaines des élections municipales, annoncées extrêmement difficiles pour la droite, Nicolas Sarkozy serait-il gagné par la panique?

Certaines de ses dernières décisions l'éloignent de plus en plus de la base de l'UMP. - Reuters
Certaines de ses dernières décisions l'éloignent de plus en plus de la base de l'UMP. (Reuters)


Alors que les mauvais sondages s'accumulent – de mauvais augure avant les élections municipales - Nicolas Sarkozy a tapé du poing sur la table la semaine dernière en conseil des ministres et demandé à chacun de garder son calme, le tout sous le regard médusé de l'assistance. "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais". De fait, le chef de l'Etat semble avoir passé par pertes et profits ce conseil. Le fiasco de Neuilly, fief Sarkozyen en est l'illustration et le symbole le plus patent. C'est Nicolas Sarkozy, contre l'avis de l'UMP locale, qui avait décidé d'imposer son porte-parole de 36 ans, comme tête de liste dans son bastion, point de départ de son irrésistible ascension.

Mais voilà, la greffe Martinon n'a pas pris, alors le chef de l'Etat lui a adjoint les services de son fils cadet, Jean, pensant qu'un nom, des intonations ou même des mimiques suffiraient à séduire les Neuilléens. Las, un sondage confidentiel, dont le commanditaire n'a pas été révélé, tombe: David Martinon serait battu par l'UMP dissident, Jean-Christophe Fromentin. Entre la peste et le choléra – voir "son" poulain battu dans "sa" ville ou changer de monture en cours de route - Nicolas Sarkozy choisit la seconde option. Si ce sacrifice imposé par le réalisme politique suggère que l'affolement a déjà gagné les couloirs de l'Elysée, c'est la méthode qui interpelle surtout. David Martinon a été "lâché" en pâture aux journalistes et aux Neuilléens dimanche matin, alors qu'il sortait d'une réunion d'appartement. Hagard, Martinon apprend par la presse que Jean Sarkozy, Marie-Cécile Ménard et Arnaud Teullé comptaient mener une "liste de rassemblement" sans lui.

Son sort avait pourtant été définitivement scellé depuis vendredi, sans qu'il ne le comprenne réellement. En service commandé de son père, c'est Jean Sarkozy, le fils cadet, qui s'est donc chargé de "flinguer" ce "Cécilia Boy". Une montée en première ligne qui fait mauvais genre pour les éditorialistes. "David Martinon, vient donc d'être largué par Sarkozy Jean et ses amis. Son fils faisant partie des 'traîtres' (on n'ironisera pas sur les traditions familiales), le chef de l'Etat n'a pu, bon gré mal gré, que donner son accord à ce lâchage en pleine campagne", commente ce matin Guilhem Bauquier dans les colonnes de l'Union-L'Ardennais. "Ce que le prince avait fait, c'est le fils du prince qui a été chargé de le défaire"", insiste Jacques Guyon dans La Charente Libre.

Deux affaires, deux gestions exécrables de la crise

Une affaire mal-gérée donc, dont les raisons politiques le disputent aux raisons personnelles, puisqu'en ce moment, l'héritage de l'ex-première dame de France est liquidé à l'Elysée. Nicolas Sarkozy, l'as de la communication, qui maîtrise comme personne l'agenda de la presse et impose ses séquences aux médias, semble gagné par la panique. Et c'est livide qu'il est apparu dimanche soir à 20 heures aux JT pour une allocution officielle surprise - annoncée seulement en milieu d'après-midi - sur la ratification du traité européen. Une initiative d'autant plus inattendue que le chef de l'Etat ne goûte que très peu cet exercice, qui rappelle un peu trop le style chiraquien. A-t-il tenté d'allumer un contre feu médiatique destiné à reprendre la main, à prouver qu'il s'occupe des destinées de la France et de l'Europe, et non de chamailleries de Neuilly?

Si le week-end a été sanglant à Neuilly, la semaine avait été très compliquée à l'Elysée. Mercredi, le site du Nouvel Observateur faisait état d'un texto que Nicolas Sarkozy aurait envoyé à son ex-femme Cécilia, une semaine avant son mariage avec Carla Bruni: "Si tu reviens, j'annule tout". Excédé de l'intérêt de la presse pour sa vie privée, le chef de l'Etat décide d'attaquer au pénal le site internet pour "faux, usage de faux et recel". Une attaque interprétée comme "un coup de semonce" à l'endroit de la presse pour Robert Ménard, de Reporters Sans Frontières. Car le chef de l'Etat est le premier dans l'histoire de la Vème République à attaquer ainsi un média.

Deux affaires, deux gestions exécrables de la crise, au-delà de toute cohérence et du flegme qui sied à sa fonction en pareil cas. Nicolas Sarkozy serait-il plus atteint qu'il ne veut bien le dire par la baisse des sondages? Les dernières enquêtes, qui estiment que Marseille, Toulouse, Strasbourg, pourraient basculer à gauche, sont inquiétantes. Les élus UMP engagés localement grognent de plus en plus forts et dénoncent le jeu dangereux de l'Elysée à quelques semaines des municipales, notamment avec le rapport Attali. En effet, en proposant la déréglementation de certaines professions traditionnellement acquises à la droite, ce dernier a mis le feu à la maison UMP...


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