Des écos-maisons chauffées pour 1euro/jour
Publié le 17 décembre 2007 à 14h00 par
A Saint-Denis, quatre éco-maisons sont montées actuellement dans le quartier Cristino Garcia, près du Stade de France. Elles pourraient révolutionner le logement social. Deux sont destinées à la location sociale (des T4 de 90 m²), et deux à l'accession à la propriété (des T5 de 127 m² pour 168 000 euros TTC). Une alternative crédible à la maison à 100 000 euros.

La municipalité de Saint-Denis est à l'origine de ce chantier écologique. (DR)
"Confrontés à la fièvre immobilière de la Plaine Saint-Denis, les habitants de Cristino Garcia voyaient leur quartier leur échapper après l'avoir construit et animé depuis que les premiers réfugiés républicains espagnols s'y étaient installés", explique Monique Lejeune, conseillère municipale de Saint-Denis. Ces quatre éco-maisons constituent une solution expérimentale qui se veut reproductible à la crise du logement.
Comment faire du logement social à un prix raisonnable ? Avec des charges supportables? Comment résoudre le problème du coût du terrain, élevé en Ile-de-France? Comment proposer un autre type de financement, alors que le chantier peut fournir de l'emploi et une qualification aux habitants? Les éco-maisons apportent leur solution, en partie verte. Ce que le maire (PCF) de Saint-Denis, Denis Paillard, appelle une "écologie populaire".
Ces maisons Haute Qualité Durable sont à monter sur place. Elles sont conçues et leurs éléments produits par une coopérative ouvrière* du Pas-de-Calais, Scierie et Palettes du Littoral (SPL). Elles ont été adaptées à l'environnement de Saint-Denis par l'architecte parisien Georges Roux. "Le bois, des résineux locaux épicéa, pin Douglas sont issus d'éclaircies des forêts franciliennes et nordistes. Le bardage à cheval permet d'aller chercher du bois inexploitable, et donc perdu, par les procédés industriels lourds", souligne François Marty, le PDG de SPL. Il faut 25 m³ de bois pour chaque maison. Les murs sont en blocs de terre crue (argile et sable), montés selon le principe des "murs respirants".
Ces maisons bien isolées permettent des économies d'énergie massives, et par conséquent, une baisse sensible des charges. Economies de chauffage: les deux maisons en accession sont dotées d'un système de chauffage finlandais, dit Tuli-Kiwi (pierre de feu). Un "poêle masse" brûle du bois de récupération (cageots, palettes) pendant deux heures par jour. Ce qui suffit à chauffer la maison le reste de la journée ! Pas de radiateur et un coût de chauffage estimé à 1 /jour. Les deux maisons mises en location sont, elles, dotées d'un chauffage au gaz et d'un plancher chauffant jugés mieux adaptés.
Pour la construction-montage, une entreprise d'insertion
L'eau est aussi économisée : les eaux de pluies sont récupérées pour servir aux toilettes. C'est, paraît-il, 40, grâce à l'architecture des maisons, fondée sur la luminosité naturelle. "Nous avons identifié des principes de construction économiques connus depuis des générations. Ils sont concentrés dans nos maisons", précise François Marty.
Reste le terrain: 180 m² par maison. Le terrain appartient à la ville. Celle-ci le cède à l'accédant par l'intermédiaire d'un bail emphytéotique de 65 ans. Enfin, le financement de l'acquisition est assuré grâce à un accord avec le Crédit coopératif. Pour la construction-montage des maisons, une entreprise d'insertion dyonisienne, Apij-Bat, se charge de l'opération. Objectif : fournir du travail à ceux qui n'en ont pas, et leur donner une qualification professionnelle BTP. Cette expérience se conçoit donc dans l'univers de l'économie sociale. Les quatre maisons devraient être livrées en avril 2008. Douze maisons sont en projet pour 2009. C'est le premier jalon d'un éco-quartier à l'ombre du Stade de France.
*Une Scop, société coopérative ouvrière de production

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