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Pékin veut décrocher la Lune

Publié le 24 octobre 2007 à 17h54 par

Journée historique pour le programme spatial chinois. Ce mercredi, Pékin a envoyé son premier satellite vers la Lune. Baptisé Chang-e I, celui-ci a été lancé de la base de Xichang. Il doit désormais tourner autour du satellite naturel de la Terre pendant un an. Ses premiers clichés sont attendus pour la fin du mois de novembre. L'événement a provoqué la liesse à travers le pays.

Avec Chang-e I, la Chine part à la conquête de la Lune. - Reuters
Avec Chang-e I, la Chine part à la conquête de la Lune. (Reuters)
Journée historique pour le programme spatial chinois. Ce mercredi, Pékin a envoyé son premier satellite vers la Lune. Baptisé Chang-e I, celui-ci a été lancé de la base de Xichang. Il doit désormais tourner autour du satellite naturel de la Terre pendant un an. Ses premiers clichés sont attendus pour la fin du mois de novembre. L'événement a provoqué la liesse à travers le pays.

Objectif Lune pour Pékin! Ce mercredi, la Chine a franchi un cap décisif dans le développement de son programme spatial en envoyant pour la première fois de son histoire un satellite vers celui de la Terre. Le lancement de Chang-e I, c'est son nom (celui d'une déesse chinoise ayant volé vers la Lune, ndlr), s'est déroulé sans accroc sur les coups de 10h05 (GMT). De la base de Xichang, dans le sud du pays, les ingénieurs chinois, mais également des Allemands ou des Japonais ont pu assister à son élévation dans les cieux, porté par le lanceur Long March 3A. Une première étape accueillie par des scènes de liesse à travers tout le pays, savamment orchestrées par la propagande d'Etat. La télévision nationale a d'ailleurs été mobilisée toute la journée afin de relayer au mieux l'événement. Sur les hauteurs et les plateformes d'observation de Xichuan, ce sont des milliers de curieux, Chinois et étrangers, qui avaient pris position pour ne rien rater du spectacle. Moins chanceux, plusieurs milliers d'habitants de cette zone rurale avaient dû être évacués par mesure de sécurité.

Chine, vitesse grand V

Vue de Terre, l'opération est donc un succès pour les autorités chinoises. Dans les étoiles, cette fois, Chang-e I ne devra pas décevoir. Le satellite, dont la conception et la réalisation a coûté 150 millions d'euros environ, doit collecter des données précises de la surface lunaire. Selon les plans établis, il doit entrer dans l'orbite de transfert Terre-Lune le 31 octobre et se mettre en orbite à partir du 5 novembre. Deux semaines plus tard, il doit être capable d'envoyer ses premiers clichés à l'Administration nationale spatiale de Chine. Son voyage autour de la Lune doit au total durer une année entière. A terme, cette première mission, si elle est couronnée de succès, doit permettre à Pékin, dans un registre qui rappelle les heures glorieuses de la course à l'espace entre l'URSS et les Etats-Unis, d'envoyer son premier taïkonaute sur la Lune. Vraisemblablement à l'horizon 2020, 51 ans après "le pas de géant pour l'Humanité" effectué par Neil Armstrong...

Outre cet objectif symbolique, le lancement de Chang-e I doit surtout faire définitivement entrer la Chine dans le concert des grandes nations en matière spatiale. En 2003, l'Empire du Milieu avait posé la première pierre en devenant le troisième Etat, après les deux géants de la Guerre froide, à envoyer un homme dans l'espace avec sa propre technologie. A bord de Shenzhou V, Yang Liwei, devenu légende vivante à son retour au pays, avait effectué quatorze fois le tour de la Terre. Deux ans plus tard, Fei Junlong et Nie Haisheng étaient devenus, eux, les premiers taïkonautes à effectuer une sortie dans l'espace. Autant d'étapes qui symbolisent la frénésie chinoise en matière spatiale et qui suscitent des vocations chez certains. Après le Japon, le mois dernier, l'Inde devrait ainsi rapidement entrer dans la danse en se dirigeant à son tour vers la Lune. Quoi qu'il en soit, la Chine peut, elle, se vanter de posséder une longueur d'avance sur sa concurrence directe. D'autant que les projets ne manquent pas: Outre deux nouvelles missions sur la Lune (en 2012 et 2017), La Chine travaille à la constitution de sa propre station spatiale orbitale. Et caresse le doux rêve de poursuivre son exploration jusqu'à la surface de Mars...


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