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Bayrou tend la main au PS pour 2012

Publié le 07 septembre 2008 à 21h41 par Maud PIERRON

En clôture de l'université d'été du Modem dimanche, François Bayrou s'est attaqué vivement à Nicolas Sarkozy et a appelé à un large rassemblement pour réussir "l'alternance" en 2012. Un rassemblement qui irait jusqu'au PS. L'idée est dans l'air, notamment depuis que Vincent Peillon, un fidèle de Ségolène Royal, l'a formulée clairement vendredi, évoquant "un contrat de gouvernement" avec le parti centriste.

François Bayrou a critiqué sévèrement Nicolas Sarkozy et appelé au rassemblement...avec le PS. - Maxppp
François Bayrou a critiqué sévèrement Nicolas Sarkozy et appelé au rassemblement...avec le PS. (Maxppp)


Son espace médiatique est réduit, donc, dès qu'une fenêtre de tir s'ouvre, François Bayrou mitraille. A vue. Notamment sur la politique de Nicolas Sarkozy. Le Béarnais, qui refermait dimanche l'Université d'été du Modem à Saint-Raphaël, a accusé le chef de l'Etat de mener une "régression démocratique". "Dans la Constitution, la première définition de la République, le premier adjectif qui lui est accolé, c'est démocratique. Eh bien, la République en France, elle est de moins en moins démocratique, de moins en moins laïque et sociale et donc de moins en moins République", a-t-il lancé devant 2000 de ses partisans enthousiastes. Il faut dire que l'actualité récente lui a donné du grain à moudre. Le leader du Modem a notamment dénoncé – une fois encore - le règlement de l'affaire Tapie, la création du fichier Edvige, contre lequel il prône un mouvement de "refus républicain", le financement du RSA et le limogeage du contrôleur général de la police en Corse.

Dans la veine humoristique, François Bayrou a aussi moqué la promotion "obligée" du disque de Carla Bruni par les ministres. "J'aurais imaginé bien des choses sur la République, mais pas de voir à la sortie d'un conseil des ministres, les ministres de la République, s'étant vus remettre un disque d'une sympathique chanteuse de variétés, être obligés d'en faire la publicité au bas du perron de l'Elysée", a-t-il lâché sous les applaudissements.

"Nous aurons bien besoin les uns des autres le jour où il s'agira de construire ensemble"

Et face à toutes ces "injustices", le centriste s'est posé comme le principal opposant à Nicolas Sarkozy, capable d'incarner "une capacité de résistance et une espérance". "Si on cherche une voix pour dire 'non', nous serons là", a-t-il martelé. C'est alors qu'il a lancé son idée d'un large rassemblement pour réussir au mieux "l'alternance" en 2012, date de la prochaine élection présidentielle. "Le jour où la question de l'alternance sera à l'ordre du jour, la question sera celle de l'efficacité, car toute victoire électorale suppose des rassemblements", a déclaré Bayrou. S'il n'a pas nommé ses potentiels futurs alliés, le message s'adressait au Parti socialiste. Un PS que le même Bayrou a jugé, la veille, englué dans une "crise de fin de cycle", sans leader et avec une "idéologie d'un autre temps"

Mais, visiblement, le président du Mouvement Démocrate ne voit pas d'autres alliés pour 2012. "Le rassemblement suppose (..) d'accepter la différence" et "s'il le faut la concurrence", a-t-il expliqué, comme pour convaincre les socialistes... dont le seul représentant à Saint-Raphaël était Hubert Védrine. "Nous aurons bien besoin les uns des autres le jour où il s'agira de construire ensemble. Je sais bien qu'il n'est pas facile de passer des frontières, mais c'est en passant des frontières qu'on bâtit des pays pionniers". Celui qui veut faire bouger les lignes consent que cela "représente un effort", mais il regrette que "jusqu'à maintenant, la règle en France c'est de ne parler qu'avec les gens qui sont d'accord avec vous".

Ces propos résonnent peut-être un peu plus aimablement aux oreilles socialistes, mais ils font surtout écho à ceux de Vincent Peillon, le bras droit de Ségolène Royal. Si dans Libération, l'eurodéputé s'est montré dur avec le Modem, relevant notamment que ses seules victoires aux municipales l'avaient été là où ils étaient alliés avec les socialistes, tout le monde n'avait retenu que la main tendue aux centristes en vu de 2012. "Il faut cesser l'hypocrisie de ceux qui désignent le Modem comme le mal absolu, le symbole de la dénaturation du socialisme". Et de lâcher une bombe dans le marigot socialiste: "Si l'on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement" avec les centristes. Une proposition qui avait été vivement critiqué au sein du PS. Et même à droite, puisque sur France 2 dimanche soir, Xavier Bertrand, a estimé que François Bayrou faisait "fausse route".


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