Bertrand en tournée, Devedjian se marre...
Publié le 11 mai 2008 à 10h00 par
Dans les rangs de l'UMP, l'heure est à la querelle de chefs. Une querelle qui oppose notamment Patrick Devedjian, secrétaire général du parti majoritaire, et Xavier Bertrand, tout neuf secrétaire général adjoint. Le tout ajouté aux récentes déclarations de Nicolas Sarkozy - attaques à l'encontre de la presse et de ses prédécesseurs -, les élus UMP perdent un peu le nord.
Les allers-retours de Bertrand dans les fédérations UMP font "marrer" Patrick Devedjian. (Maxppp)
"Tout va très bien, madame la Marquise !" En écoutant Patrick Devedjian, on entendrait presque le célèbre refrain. Que Nicolas Sarkozy élève la voix tous azimuts, comme il l'a fait mercredi à l'Elysée, estimant ne pas être assez soutenu dans ses réformes, et le secrétaire général de l'UMP, choisi et installé en septembre dernier par la grâce du président de la République, assure que "c'était le groupe UMP à l'Assemblée qui était sur la sellette mais pas le parti".
En invitant les députés à célébrer à l'Elysée l'an I de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait voulu recadrer sa majorité et tenter d'insuffler de la vigueur à une action qui semble en manquer. Or, plutôt que de redonner aux élus confiance et foi en lui, il a choqué par ses attaques à l'encontre de la presse et de ses prédécesseurs, particulièrement Jacques Chirac. Notamment dans le camp villepiniste: "C'est dommage, regrette Hervé Mariton, député de la Drôme. J'avais applaudi aux citations de Blair "Chaque fois que j'ai fait une réforme, je me suis demandé si j'étais allé assez loin" , ici c'était l'idée de l'avenir, et de Nietzsche "Il n'y a pas d'instrument sans musique" , là c'était l'idée d'une vision. Pourquoi donc a-t-il cogné sur la presse et les anciens présidents de la République ? C'était inutile." "Un certain nombre d'entre nous était atterré, renchérit Jean-Pierre Grand. Les charges du Président contre Chirac, qui, lui, n'a jamais dit un mot sur son successeur, ne contribuent pas à la sérénité de la majorité, indispensable pour réussir les réformes".
Si les députés sont d'humeur morose, ils ne semblent pas trouver des raisons d'espérer avec l'UMP. D'autant que beaucoup jugent qu'il n'y a plus de débats dans le parti. Pour y remédier, Hervé Mariton, devenu secrétaire national, pourrait, à défaut d'un congrès autour de plusieurs motions, se contenter de débats numériques qu'il organiserait avec son club Réforme et modernité et celui de Jean-Pierre Raffarin, Dialogue et initiative. "Moins il y a de débats entre l'UMP et le gouvernement, plus ça coince", observe Mariton. Et Xavier Bertrand, tout neuf secrétaire général adjoint, peut bien faire campagne dans les fédérations, ce n'est pas le problème. Mais cela fait bien rire Patrick Devedjian: "Je me marre! En un mois, il est allé dans une seule fédération. Comme il y en a 100, il lui faudra 100 mois! Il n'a pas fini." Ambiance! "Quand il y a des tensions entre Devedjian et Bertrand, ça remonte à l'Elysée et c'est Claude Guéant qui arbitre", rapporte un habitué de la rue La Boétie.
Officiellement peu soucieux de l'encadrement qui lui a été imposé au lendemain des municipales, avec l'arrivée comme adjoints de Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Moriset, Patrick Devedjian dit avoir trouvé ses marques à l'UMP et oublié qu'il aurait désiré être ministre en juin 2007: "Je suis au coeur de la toile d'araignée gouvernementale, je vois plus souvent le Premier ministre et même le Président que si j'étais au gouvernement. Pour l'instant, ça me va." Mais ça ne va pas à tout le monde. "On ne reconnaît plus Patrick depuis qu'il est à l'UMP", "il se comporte comme un stalinien en prononçant des expulsions sans appel", "il n'est pas rassembleur, il apparaît comme aigri", se plaignent des UMP. "Si elles viennent de Balkany ou d'Estrosi, ces attaques ne me font rien", s'amuse Devedjian. Mais Christian Estrosi, nouveau maire de Nice et candidat dimanche prochain aux législatives partielles, ne parle que d'organisation et n'en démord pas : il souhaite que la direction de l'UMP, comme celle du PS, soit élue au suffrage des militants. Et pourtant, c'est à l'Elysée que l'on réfléchit de plus en plus au possible successeur de Patrick Devedjian.
Copyright 2008 leJDD.fr
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.
Les discussions les plus actives
- Pour ou contre l'hébergement forcé des SDF ?
- Le PS est-il un panier de crabes ?
- Martine Aubry nouvelle secrétaire du parti socialiste !
- Pour ou contre le retour de Noir Désir ?
- Le Beaujolais nouveau a-t-il un goût de banane ou de fruits rouges ?
- L'adoption par les couples homosexuels en question
- PS : ça sent pas la rose !
- Pour ou contre la grève des profs ?

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.