Croissance: Fillon en maîtrise
Publié le 18 août 2008 à 19h27 par Nicolas MOSCOVICI
Lundi, François Fillon avait convoqué à Matignon six de ses ministres pour une réunion d'urgence face à la dégradation de la situation économique française. Au terme des échanges, le Premier ministre a expliqué à la presse que le salut passait par la poursuite des réformes. Il a ainsi écarté toute idée de "plan de relance artificiel" et refusé de parler de "récession".

Le gouvernement se veut mobilisé sur le front de la croissance. (Reuters)
"Je parle de ralentissement, et pas de récession." Pour son retour de vacances, passées notamment à soigner une sciatique "presque guérie", François Fillon fait dans la sémantique. Hors de question pour lui de laisser à la gauche le champ libre dans l'appréciation des mauvais chiffres économiques récemment publiés. Pour rappel, la semaine dernière, l'Insee faisait état d'un repli de 0,3. Suffisant pour faire réagir le chef du gouvernement qui avait décidé ce lundi après-midi d'avancer la rentrée des classes pour six de ses ministres, tous en première ligne dans la bataille de la croissance. (Christine Lagarde, Eric Woerth, Laurent Wauquiez, Anne-Marie Idrac et Hervé Novelli).
"On ne lâche pas l'effort"
Au terme d'une heure et demie de "réunion d'urgence", le Premier ministre s'est ensuite présenté devant la presse avec un double message: ne pas minimiser la crise, mais ne pas noircir le tableau non plus. Dans cette optique, François Fillon a plaidé pour la poursuite des réformes, seules capables selon lui de renforcer structurellement l'économie française. "On ne lâche pas l'effort", a-t-il notamment déclaré au sujet de la maîtrise des dépenses publiques, confirmant au passage l'objectif, intenable pour le PS, d'un déficit public égal à 2,5 selon les experts). Il a également écarté toute idée de plan de rigueur, lequel aurait pour conséquence "d'asphyxier l'économie au moment où elle n'en a pas franchement besoin". Des explications qui ont toutefois du mal à convaincre l'opposition. Lundi matin, Michel Sapin, ancien ministre et monsieur économie du PS, avait en effet expliqué dans La Croix que "le plan de rigueur était déjà là". A la suite de l'intervention de François Fillon, il en a rajouté une couche, accusant le gouvernement d'"autisme" sur le sujet.
"Le Premier ministre vient en effet une nouvelle fois de nier l'existence même d'une crise et de tenter d'échapper à sa responsabilité en se défaussant sur la conjoncture mondiale et sur l'Union européenne", a-t-il asséné dans un communiqué, faisant, sur ce dernier point référence à l'idée, réclamée par Paris, d'une réponse à la crise "coordonnée", c'est-à-dire établie au niveau européen. Selon le voeu du Premier ministre, la France, qui assure jusqu'à la fin de l'année la présidence tournante de l'UE, en proposera l'idée à ses partenaires les 12 et 13 septembre, à Nice, dans le cadre du prochain sommet des ministres des Finances. "Dans une Europe unifiée sur le plan économique et en particulier dans une zone unifiée sur le plan monétaire, il doit y avoir une réponse coordonnée des différents pays européens", a ainsi estimé François Fillon, une nouvelle fois sûr de son fait.
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