Fillon réclame du temps
Publié le 30 mars 2008 à 21h58 par
Après la pause parlementaire observée pendant les élections municipales, le gouvernement entend reprendre ses réformes. Mais dans le même temps, les ministres ont reconnu, cette semaine, que la croissance ne serait pas au niveau attendu. Dimanche, François Fillon et ses ministres de l'Economie et du Budget ont demandé du temps, promettant des objectifs tenus en 2012.

François Fillon rappelle que la majorité a cinq ans pour mener les réformes. (Reuters)
Ils parlent de chiffres, mais c'est une leçon de lexique que les ministres ont donné dimanche. Quinquennat veut dire cinq ans, a semblé rappeler aux Français le Premier ministre en demandant du "temps". Le quinquennat, c'est jusqu'en 2012, a souligné Eric Woerth en rappelant que l'objectif d'équilibre des comptes serait tenu à cet horizon, mais pas avant. C'est que les caisses sont vides, comme l'avait dit Nicolas Sarkozy, et qu'elles ne semblent pas prêtes de se remplir. Cette semaine, François Fillon a enfin aligné son discours sur celui de la plupart des économistes, concédant que la croissance n'atteindrait pas la fourchette de 2 à 2,5.
Moins de croissance, c'est moins de recettes, donc moins d'argent pour financer certains dispositifs. Ainsi le plan logement, la mise en place du Revenu de solidarité active (RSA) faisaient-ils figure de cibles privilégiées des coupes budgétaires, quand d'autres posent la question du coût de l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. D'aucuns évoquaient également une inévitable hausse des impôts, ou encore un "plan de rigueur", puisque le déficit public a dérapé en 2007 (2,7 prévus), et devrait naviguer dans les mêmes eaux en 2008, éloignant la France du retour à l'équilibre des comptes publics promis à Bruxelles.
"Il faut simplement nous laisser un peu de temps"
Branle-bas de combat, donc, dimanche, pour expliquer que la politique suivra son cours. Invité du 20 heures de TF1, François Fillon a affirmé qu'il n'y aurait "aucun plan de rigueur", préférant parler d'une "gestion sérieuse". "Les dépenses seront tenues", a-t-il encore dit. Afin de rassurer, il a aussi promis que les réformes sociales seraient mises en oeuvre, estimant que le gouvernement trouverait "des économies ailleurs". Des coupes dans la Défense ont d'ailleurs été évoquées cette semaine. Ainsi le Premier ministre s'est-il engagé: "Toutes les réformes sociales, celle sur le RSA, celle sur le logement, l'augmentation de l'allocation pour les adultes handicapés, l'augmentation du minimum vieillesse, ce sera fait."
Mais ce sera fait sur toute la longueur du mandat hérité des élections de 2007. "Nous tiendrons nos engagements, il faut simplement nous laisser un peu de temps pour le faire parce que la majorité a été élue pour cinq ans", a plaidé le Premier ministre. Un propos un peu à contre-courant de sa ministre de l'Economie, puisqu'elle a parlé d' "accélérer" le rythme. Elle a aussi assuré que les impôts n'augmenteraient pas. Jamais à court de polémique elle avait conseillé aux Français, notamment, de faire du vélo pour compenser la hausse du pétrole elle a imputé l'essentiel du dérapage du déficit aux collectivités locales. L'opposition, qui contrôle vingt régions sur 22, et désormais 58 départements sur 100 et la majorité des grandes villes, appréciera.
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Commentaires (1)
victoire | il y a 8 mois Signaler un abus Signaler un abus
des paroles, des paroles, des paroles...Ça serait plus amusant si c était dit par Dalida.