Le tour du monde de Sarkozy
Publié le 27 août 2008 à 19h07 par Nicolas MOSCOVICI
A l'occasion la XVIe conférence des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a livré ce mercredi à l'Elysée ses orientations en matière de politique étrangère. Soucieux de moderniser les outils diplomatiques Alain Juppé a remis au chef de l'Etat un livre blanc sur le sujet -, le président de la République est également revenu sur des sujets brûlants, comme la crise au Caucase ou l'Afghanistan.

Nicolas Sarkozy a répété ses positions au sujet de l'Afghanistan et du Caucase, à l'occasion de la XVIe conférence des ambassadeurs. (Reuters)
Afghanistan: "On s'engage dans la durée"
Sans surprise, Nicolas Sarkozy a profité de la tribune qui lui était offerte pour confirmer l'engagement de la France en Afghanistan aux côtés des forces de la coalition internationale. Rappelant que la présence étrangère dans le pays a reçu l'aval de l'ONU et qu'elle concerne 25 pays de l'Union européenne sur 27 (Malte et Chypre manquent à l'appel), le président de la République a affirmé qu'un retrait militaire "serait suivi du retour des taliban et d'Al-Qaïda, avec en plus la déstabilisation assurée du Pakistan voisin". "Abandonnons le Pakistan, abandonnons l'Afghanistan et, à ce moment-là, que personne ne vienne se plaindre de la recrudescence du terrorisme sur le territoire de nos démocraties", a averti Nicolas Sarkozy, en réponse à ceux qui s'opposent au maintien des troupes françaises après la mort des dix soldats dans l'embuscade du 18 août "tombés au service d'une cause juste. On s'engage dans la durée ou alors ça n'est pas la peine de s'engager", a-t-il plaidé.
Caucase: Violation "inacceptable" du droit international
A la demande du président français, un sommet extraordinaire du Conseil européen se réunira le 1er septembre afin d'adopter une position commune au sujet des troubles qui règnent au Caucase. Avant cela, Nicolas Sarkozy a jugé "inacceptable" la décision russe de reconnaître l'indépendance des provinces géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, tout en déclarant que personne ne souhaitait "revenir à la Guerre froide". Rappelant que l'accord de cessez-le-feu conclu le 12 août devait être "appliqué en totalité", le chef de l'Etat a expliqué, au nom de l'UE qu'il ne peut y avoir, dans ce dossier, "qu'une solution fondée sur le droit, (...) sur le respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues". L'issue de ce conflit "déterminera pour longtemps la relation de l'Union européenne avec la Russie", a encore expliqué le président français qui doit ce mercredi s'entretenir au téléphone avec son homologue russe, Dmitri Medvedev.
Afrique: "Nous voulons soutenir les régimes démocratiques"
Après une première année de mandat marquée, sur le sujet, par le très controversé discours de Dakar, mais également par le remplacement de Jean-Marie Bockel, très critique envers la Françafrique, au secrétariat d'Etat à la coopération, Nicolas Sarkozy s'est fait mercredi le chantre d'une "nouvelle politique africaine". Celle-ci passe par la révision de nombreux accords de défense, lesquels, dans un souci de transparence, seront tous publiés, mais également par le rapprochement de la France avec les pays non francophones. "Nous voulons soutenir les régimes démocratiques", a enfin déclaré le chef de l'Etat, citant en exemple l'action française en Mauritanie.
Moyen-Orient: Dialogue nécessaire avec la Syrie
Il affirme lui-même que l'option choisie n'est pas sans danger. En tout cas, Nicolas Sarkozy compte poursuivre sa politique de rapprochement avec la Syrie afin qu'elle puisse un jour déboucher sur une normalisation des relations entre Beyrouth et Damas. Damas où le chef de l'Etat se rendra les 3 et 4 septembre prochains. Une première pour un président français depuis quatre ans et l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, imputé par certains aux services secrets syriens. A propos de l'Iran, Nicolas Sarkozy a en revanche fait montre de fermeté. "Rejoints par les Etats-Unis, la Russie et la Chine, les Européens doivent maintenir le cap avec détermination et, faute de réponse de l'Iran, accroître les sanctions dans tous les domaines", a-t-il plaidé au sujet du programme nucléaire de Téhéran.
Etats-Unis, Chine et droits de l'Homme
Nicolas Sarkozy l'a réaffirmé en début de son intervention, le monde est entré dans une ère de "puissances relatives", au premier rang desquelles figurent les Etats-Unis. Une manière pour lui de valider "les ruptures" qui ont guidé sa première année de mandat sur la scène internationale, à commencer par le réchauffement des relations entre Paris et Washington. "J'ai voulu ramener franchement la France au sein de sa famille occidentale", a-t-il plaidé face à l'émergence de la Chine ou de l'Inde ou encore au retour de la Russie au premier plan. En ces temps post-olympiques, le chef de l'Etat a également défendu sa présence dans la tribune du stade olympique de Pékin, le 8 août dernier. S'il a déclaré respecter les militants des droits de l'homme, il leur a demandé "de comprendre qu'un chef d'Etat est dans une situation différente, impliquant des modes d'action qui, pour être différents, n'en sont pas moins respectables, d'autant plus qu'ils sont incomparablement plus efficaces".
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