Pouvoir d'achat: Sarkozy s'y colle
Publié le 26 février 2008 à 16h38 par
Au lendemain de l'"opération coup de poing" lancée par François Fillon contre la flambée des prix, Nicolas Sarkozy reprend à son compte le thème du pouvoir d'achat, assurant qu'il est prêt à "porter le fer là où ça fait mal". A moins de deux semaines des élections municipales, le couple exécutif entend ainsi démontrer qu'il prend à bras-le-corps la première préoccupation des Français.

En déplacement dans l'Allier, Nicolas Sarkozy a affiché sa détermination sur le pouvoir d'achat. (Reuters)
Après l'opération "coup de poing" de François Fillon, Nicolas Sarkozy a promis de "porter le fer là où ça fait mal". Le pouvoir d'achat s'est imposé en ce début de semaine comme la nouvelle croisade du couple exécutif. Après une étude du magazine 60 millions de consommateurs, Premier ministre puis président font montre de volontarisme. Les parlementaires ne sont pas en reste. Et chacun sort ses recettes.
En déplacement dans l'Allier, Nicolas Sarkozy s'est insurgé mardi contre la flambée des prix, suivant ainsi l'humeur des Français. "Le prix qu'on verse aux producteurs de porc diminue et le prix du jambon explose. Il y a quand même un lien entre le porc et le jambon, non? Je ne suis pas un petit gars de la campagne mais c'est quand même monté jusqu'à mon cerveau", a-t-il lancé devant des salariés à Saint-Bonnet-de-Rochefort. Alors l'Elysée a décidé d'agir. "J'ai demandé à Christine Lagarde une enquête aux services de Bercy et on va porter le fer là où ça fait mal", a-t-il avancé, reprenant l'annonce de François Fillon la veille.
Favoriser l'intéressement
Si le Premier ministre avait mis l'accent sur les "comportements de marges" dans la grande distribution, le président s'est lui préoccupé des moyens de remplir les portefeuilles des ménages. Il défend ainsi les réformes engagées sur les heures supplémentaires. "On est prêt à aller plus loin si ça marche", a-t-il assuré, alors qu'une étude montre que 37, contre 5,5% aujourd'hui, la taxe sur certaines denrées comme les fruits et légumes, la viande, le poisson et les produits laitiers non sucrés. Cette proposition a cependant été immédiatement exclue par François Fillon.
A l'approche des élections municipales, la question du pouvoir d'achat concentre les attentions. A gauche, les critiques fusent sur ce thème, en escomptant peut-être un vote-sanction le 9 mars. "Ce que les gens attendent maintenant avec colère, c'est que le président de la République soit efficace par rapport à ce qu'il a promis, c'est-à-dire la hausse des salaires et des petites retraites et surtout la défense du pouvoir d'achat", a averti Ségolène Royal. Pour le Parti communiste, "plutôt que de simuler des 'coups de poing' à la grande distribution, le gouvernement ferait mieux de donner un bon coup de pouce pour les salaires". Dans les quinze prochains jours, la droite aura à coeur de montrer qu'elle agit.
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