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Six mois après, le "oui mais" des Français

Publié le 04 novembre 2007 à 12h00 par

Les Français vivent une relation compliquée avec leur président. S'ils admettent ne pas regretter avoir porté Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ils estiment en revanche que leur situation personnelle n'a pas évolué depuis. Le chef de l'Etat se trouve désormais au pied du mur. Les réformes entreprises doivent porter leurs fruits, sous peine de désillusion. Les Français l'ont prévenu.

Les Français attendent désormais des résultats concrets de Nicolas Sarkozy. - Reuters
Les Français attendent désormais des résultats concrets de Nicolas Sarkozy. (Reuters)
Les Français vivent une relation compliquée avec leur président. S'ils admettent ne pas regretter avoir porté Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ils estiment en revanche que leur situation personnelle n'a pas évolué depuis. Le chef de l'Etat se trouve désormais au pied du mur. Les réformes entreprises doivent porter leurs fruits, sous peine de désillusion. Les Français l'ont prévenu.

Si c'était à refaire, les Français le referaient! Et plus fort encore: six mois après l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy conforte ses positions au détriment de ses anciens adversaires. Il augmente ses scores de près de cinq points au premier tour et de deux points au second. Bref, les Français ne semblent pas regretter d'avoir voté pour lui, comme le souligne François Goulard (voir par ailleurs). "Loin des yeux, loin du coeur"... Ségolène Royal qui a décidé, ces temps-ci, de se faire discrète a, quant à elle, perdu de son attrait et presque quatre points, tandis que François Bayrou, dont le parti a été décimé aux législatives, reste relativement stable, abandonnant à peine deux points. Jean-Marie Le Pen, lui, lâche un point et demi et glisse doucement vers la retraite. Avec 7 d'entre eux estiment que l'action du Président de la République et de son gouvernement n'a pas permis d'améliorer leur situation; 35 des Français (dont 69 de la rémunération du président de la République est mal vécu et ressenti comme une provocation. Il est vrai que le moment est des plus mal choisis, mais c'est la session budgétaire qui a commandé cette décision pas complètement anormale au regard des salaires des puissants de ce monde. Cependant, il eût été sage, en pleine période réformatrice, de la reporter à plus tard sauf à conforter le sentiment d'iniquité qu'éprouvent certaines catégories de Français parmi les plus modestes. D'autant, insiste François Hollande, que "l'exécutif est marqué du sceau originel de l'injustice avec le paquet fiscal et ses avantages pour les plus favorisés."

De là à rendre toute réforme, même nécessaire, irréalisable? "Ensemble, tout devient possible", clamait le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy. Et pourtant le mois de novembre et son cortège de grèves s'annonce comme une suite de blocages. La tension sociale ne semble pas vouloir retomber, ravivée par l'affaire EADS ou les caisses noires du patronat de la métallurgie, propres à creuser un peu plus le fossé entre ceux qui comptent pour pouvoir dépenser et ceux qui dépensent sans compter.

Ouvrir tous les chantiers pour ne pas laisser souffler l'opposition qu'il a d'ailleurs réduite, pour l'heure, à sa plus simple expression, telle est, depuis six mois, la méthode de présidence choisie par Nicolas Sarkozy. Au risque de désorienter les Français.


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