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Qui va racheter Yahoo?

Publié le 10 avril 2008 à 14h12 par

Alors que Microsoft a lancé une OPA hostile sur Yahoo, qui l'a jugée trop chiche, le portail californien cherche un allié pour échapper aux griffes du créateur de Windows. Selon la presse américaine, c'est AOL, la filiale de Time Warner, qui pourrait faire office de chevalier blanc. Voire News Corp, le groupe de Rupert Murdoch. Mais Microsoft a de la ressource.

Qui va ramasser le pactole représenté par Yahoo? - Reuters
Qui va ramasser le pactole représenté par Yahoo? (Reuters)


Un choc de titans se prépare dans l'informatique aux Etats-Unis, mais personne ne sait encore qui en sortira gagnant ni même quel sera l'état des forces en présence dans quelques semaines. En début d'année, las d'avoir été éconduit à plusieurs reprises par Yahoo et conscient de l'avance accumulée par Google sur internet, Microsoft s'était résolu à lancer une offre publique d'achat (OPA) hostile sur Yahoo dans la plus pure tradition des grands "raiders" boursiers. Le groupe fondé par Bill Gates propose aux actionnaires de l'entreprise de Sunnyvale, en Californie, 31 dollars par action, 62 du marché de la publicité via la recherche entre les mains de Google". Le père du système d'exploitation Windows souligne par la même occasion que son offre sur Yahoo "est la seule alternative" à cette situation.

"Yahoo cherche à gagner du temps", selon une analyste américaine, qui pense que le moment de vérité interviendra lors de la prochaine assemblée générale de Yahoo, qui s'annonce forcément très animée. A mois que... L'autre piste pour le groupe de Sunnyvale consiste à trouver un partenaire. Il s'agirait presque nécessairement d'un acteur du secteur, dans la mesure où il faudra prouver que le projet est plus créateur de valeur que l'offre colossale de Microsoft, qui elle est déjà sur la table. Depuis mercredi et des indiscrétions du Wall Street Journal, le nom d'AOL circule avec insistance. La filiale de Time Warner, elle aussi à la recherche d'un second souffle après le semi-échec de la fusion entre les deux entités en 2000, pourrait être le candidat idéal à un rapprochement.

L'idée n'est pas nouvelle et des rumeurs avaient déjà éclos en 2006, mais l'ombre de Microsoft semble avoir accéléré les choses et des détails précis sur un éventuel accord ont filtré. Ainsi Yahoo rachèterait AOL et recevrait un soutien financier de Time Warner, qui récupérerait en échange 20% de la nouvelle entité. Les liquidités récupérées lui permettraient de racheter une partie de ses propres actions pour offrir des conditions plus avantageuses à ses actionnaires. Les modalités exactes resteraient à définir, mais la structure générale de l'opération appelle à la création d'une nouvelle entité indépendante de poids face à Microsoft et Google, qui lorgnent chacun le marché de l'autre.

Microsoft a des as dans la manche

Pour autant, une union Yahoo/AOL n'est pas courue d'avance, même si les deux entreprises se mettent d'accord. Les actionnaires de Yahoo devront y trouver un intérêt plus grand que dans le cadre de l'offre de Microsoft, ce qui est loin d'être évident car leur proposition offre une porte de sortie intéressante. Le groupe de Redmond conserve quoi qu'il en soit un atout maître dans son jeu, même s'il s'est refusé jusque-là à l'abattre: un relèvement du prix de son offre. C'est du reste ce que demandait initialement Yahoo, qui court plusieurs lièvres à la fois. Pour ne pas surpayer le Californien, Microsoft pourrait lui aussi faire appel à un soutien extérieur. Le New York Times croit d'ailleurs savoir que des discussions ont été entamées avec News Corp, le groupe du magnat Rupert Murdoch qui chercher à accroître sa présence sur la toile. Ces informations sont corroborées par celles du Wall Street Journal, par ailleurs propriété de News Corp. Ce dernier pourrait apporter dans l'opération sa filiale Fox Interactive Media, qui possède MySpace.

A Wall Street, on observe la bataille avec intérêt, même si les gesticulations de Yahoo soulèvent quelques interrogations. "Nous continuons à penser que le rapprochement Microsoft Yahoo est le plus probable, et nous sommes persuadés qu'il se fera à un prix supérieur à l'offre actuelle de 31 dollars", estiment les analystes de Citigroup. Le marché, lui, est plus sceptique et attend d'y voir un peu plus clair. Le titre Yahoo se traitait d'ailleurs dernièrement sous les 28 dollars, après que Microsoft eut menacé d'abaisser le niveau de son offre...


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