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Ajaccio: L'enquête se corse

Publié le 06 octobre 2008 à 21h03 par Nicolas MOSCOVICI

Les deux principaux suspects de la fusillade qui a, vendredi, blessé trois jeunes d'origine maghrébine dans un quartier d'Ajaccio, ont finalement été blanchis par les enquêteurs ce lundi. Ils restent toutefois aux mains de la justice pour une autre affaire, à caractère raciste. Les policiers, eux, se tournent désormais vers une autre piste, incertaine.

A Ajaccio, les enquêteurs cherchent toujours. - Maxppp
A Ajaccio, les enquêteurs cherchent toujours. (Maxppp)


L'enquête corse change de cap. Elle ne concerne effectivement plus les deux principaux suspects arrêtés ce week-end. Samedi, un ouvrier-boulanger de 44 ans et son neveu de 21 ans, avaient été placés en garde à vue, soupçonnés d'être à l'origine de la fusillade (raciste?) qui avait blessé la veille au soir trois jeunes gens d'origine maghrébine, dans un quartier "sensible" d'Ajaccio. Tous deux possèdent des armes de chasse (quatre fusils ont été saisis chez l'un d'entre eux) mais ont, tout au long des 48 dernières heures, fermement nié toute participation aux faits.

Selon les derniers développements de l'affaire, ils ont convaincu les enquêteurs de leur innocence. "En l'état actuel du dossier, les deux personnes suspectées durant 48 heures ne peuvent être mises en cause", a ainsi révélé lundi le procureur de la République, José Thorel à l'agence de presse Reuters. Tous deux ont fourni de solides alibis. En outre, lors d'une confrontation organisée dans les locaux du SRPJ de la ville, ils n'ont pas été reconnus par les victimes des tirs.

Les recherches continuent

Ce qui ne signifie toutefois pas que les deux hommes en ont fini avec la justice. Dimanche, ils ont en effet été présentés à un juge d'instruction dans le cadre d'une autre affaire, mais qui les oppose encore aux jeunes victimes de la fusillade. Les deux suspects "ont bien été mis en examen pour violence et menaces avec arme ayant un caractère raciste, à la suite d'un différend les ayant opposés à ces mêmes jeunes, une dizaine de jours auparavant, pour une histoire de tags sur une voiture", a expliqué José Thorel, qui réfute donc un quelconque lien entre les deux histoires.

Dans ce cas, qui a pu blesser Mourad, Adel et Yaya, lesquels se réunissaient avec d'autres personnes sur un terrain de sport afin de fêter la fin du ramadan? S'agit-il, comme l'hypothèse a d'abord couru, d'une agression raciste ou bien d'un quelconque règlement de compte? Ces questions restent pour l'heure sans réponse. Et les pistes ne se bousculent pas pour des enquêteurs qui doivent, de leur propre aveu, faire face à une somme de témoignages imprécis ou contradictoires. Les policiers sont toutefois à la recherche des occupants d'une petite voiture de couleur sombre aperçue dans le quartier par des habitants quelques instants avant la fusillade.


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