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Case prison pour Kerviel

Publié le 08 février 2008 à 17h24 par

Jérôme Kerviel ne bénéficiera pas d'une liberté conditionnelle. Ainsi en a décidé vendredi la cour d'appel de Paris en ordonnant le placement en détention provisoire de l'ex-trader de la Société Générale. Les juges donnent ainsi raison au parquet de Paris. Celui-ci craignait en effet que Kerviel ne profite de sa liberté pour fuir le pays ou pour entrer en contact avec d'hypothétiques complices.

Jérôme Kerviel a été placé en détention par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris. - Reuters
Jérôme Kerviel a été placé en détention par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris. (Reuters)


Jérôme Kerviel ne recouvrera donc pas la liberté. Pas dans l'immédiat du moins. Vendredi, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris a ordonné le placement en détention provisoire de l'ex-trader de la Société Générale, suspecté d'être à l'origine d'une vaste fraude ayant coûté près de cinq milliards d'euros à la banque rouge et noire. Il a été conduit à la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement de la capitale. Les magistrats ont ainsi donné suite aux inquiétudes soulevées par le parquet de Paris. Celui-ci s'était offusquée de la décision prise le 28 janvier par les juges d'instruction Renaud Van Ryymbeke et Françoise Desset, qui envisageaient la liberté conditionnelle pour Kerviel. Derrière les "nécessités de l'enquête" invoquées, le parquet faisait notamment état de ses craintes d'une fuite à l'étranger ou de contacts avec de possibles complices.

L'avocate de Kerviel émue aux larmes

La décision des juges, prise ce vendredi à huis clos, a bien évidemment entraîné des réactions contrastées. Dans le camp de Jérôme Kerviel, son avocate, Elisabeth Meyer s'est émue aux larmes de la détention provisoire de son client. "Je ne m'explique pas cette décision. C'est maintenant le pot de terre contre le pot de fer", a-t-elle déclaré à la presse, ajoutant au passage son intention de se pourvoir en cassation. Du côté des conseils de la Société Générale, le choix des juges est au contraire frappé du sceau du bon sens. "L'éloignement entre ses déclarations et la vérité a fait que la cour d'appel a été sensible à l'appel formulé par le parquet", a ainsi énoncé Me Jean Veil. Avant d'ajouter: "Il a menti en arrosant autour de lui, en prétendant que sa hiérarchie, en tout cas la plus proche, était au courant. (...) Je pense que son placement en détention est une décision cohérente avec l'évolution du dossier."

Mis en examen pour "faux, usage de faux, abus de confiance et introduction dans un système de traitement automatisé de données", Jérôme Kerviel a toujours dit qu'il avait agi seul, affirmant toutefois que sa hiérarchie était effectivement au courant de ses pratiques risquées. Si ces dernières allégations n'ont pas été étayées par l'enquête policière, la thèse de l'acte isolé pourrait en revanche prendre du plomb dans l'aile. Il est en effet envisageable que d'autres personnes aient été au courant de ses activités litigieuses.

Complicités?

Vendredi toujours, un employé de la société de courtage, Newedge (ex-Fimat) a en effet été placé en garde à vue. Il pourrait avoir servi d'intermédiaire pour certaines transactions. Selon des éléments livrés par le quotidien Le Monde, Moussa Bakir aurait été trahi par l'utilisation de sa messagerie électronique instantanée. Dans l'un de ses messages adressés à Jérôme Kerviel, il aurait notamment écrit: "Tu n'as rien fait d'illégal au sens de la loi." Un message certes elliptique mais qui laisse toutefois supposer que son auteur était bel et bien au courant des agissements de l'ex-trader de la Société Générale. Toujours selon Le Monde, les avocats de la banque rouge et noire ont en outre versé au dossier de troublantes factures du portable personnel de Kerviel, supérieures à 1 000 euros par mois. A qui le trader a-t-il passé tant de coups de fil? Ces appels peuvent-ils mettre en lumière de possibles complicités? Il est encore trop tôt pour le dire. En attendant, en penchant pour la détention provisoire, la cour d'appel de Paris n'a, elle, voulu prendre aucun risque.


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