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Chômage: Bercy est dans la crise

Publié le 29 septembre 2008 à 12h35 par Christophe ISRAËL

Alors que de l'Elysée au ministère des Finances, on reconnaît désormais la "quasi-récession" qui touche la France, les chiffres du chômage sont encore plus mauvais qu'attendus: autour de 40 000 demandeurs d'emplois se sont inscrits à l'Anpe au mois d'août. Une réunion de crise se tient lundi à Bercy. Privé de moyens, le gouvernement n'a d'autre choix que d'encaisser.

La ministre des Finances est en première ligne pour gérer les conséquences de la crise. Même si les caisses sont vides. - Maxppp
La ministre des Finances est en première ligne pour gérer les conséquences de la crise. Même si les caisses sont vides. (Maxppp)


Il faut dire la vérité aux Français. La consigne du chef de l'Etat est claire, l'intention louable, mais le passage à l'acte loin d'être une partie de plaisir. Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, c'est au moment où les caisses de l'Etat sont vides et que l'austérité tant redoutée pointe le bout de son nez que tombent les chiffres du chômage. Les plus mauvais depuis 1993. De l'aveu de la ministre des Finances, "autour de 40 000" chômeurs supplémentaires se sont ainsi inscrits à l'Anpe (Agence nationale pour l'emploi) pour le seul mois d'août. Le nombre de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie 1 avoisinerait ainsi 1 950 000. Christine Lagarde a convoqué lundi à Bercy le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez, pour une réunion de crise. Pardon, "de travail". A défaut d'avoir les moyens des solutions, le gouvernement doit communiquer.

Laurent Wauquiez avait beau avoir préparé le terrain dès jeudi, la confirmation par Christine Lagarde des mauvais chiffres de l'emploi intervient deux jours seulement après la présentation du budget 2009, marqué du sceau de l'austérité. Avec des moyens on ne peut plus limités – le budget ne le permet pas-, et un texte déjà consacré à la question -la loi Tepa signifie bien Travail, emploi et pouvoir d'achat -, la marge de manoeuvre opérationnelle du gouvernement est en effet quasi nulle. Finalement, à défaut d'annonces fortes, la réunion de travail risque bien de se transformer en une banale opération de communication. A moins que Bercy ne se tourne vers une nouvelle version des contrats aidés.

Le pire reste à venir

"On est en face d'une baisse de la croissance", a ainsi reconnu la ministre des Finances sur le plateau de Canal+ dimanche. Un détail qui n'aura échappé à personne. Pour Christine Lagarde, la hausse de 40 000 demandeurs d'emplois s'explique facilement : la faible croissance entraîne une "une grosse baisse de l'intérim et donc, tous les intérimaires sortis de leur mission sont allés s'inscrire". Pour un peu, on s'étonnerait presque qu'ajouté au ralentissement estival de l'activité et à la fin des contrats de saisonniers, le chiffre ne soit pas plus élevé ! La "baisse de la croissance" relevée par la ministre est si importante qu'elle pourrait bien aboutir à une récession. Même depuis l'Elysée, on reconnaît, du bout des lèvres et avec une prudence sémantique extrême, la gravité de la situation: "On est en quasi-récession là, la question est de savoir si elle va s'aggraver, se prolonger ou pas, on l'a vu d'ailleurs avec les chiffres du chômage", a ainsi expliqué sur France 2 le conseiller spécial du chef de l'Etat, Henri Guaino.

L'avenir s'annonce "difficile". Alors que l'Insee tablait encore en juin dernier sur quelque 200 000 créations nettes d'emplois cette année, dont 193 000 dans les secteurs concurrentiels, le gouvernement n'attend plus que 34 000 créations nettes d'emploi, selon le projet de loi de Finances 2009 présenté vendredi en conseil des ministres. Et pour 2009, il anticipe 50 000 créations nettes de postes dans le secteur marchand non agricole à la faveur d'un redémarrage progressif de l'activité en cours d'année. S'il se produit...

Woerth: "Accélérer les réformes"

La situation est peut-être catastrophique, mais pas désespérée. Selon le ministre du budget, les difficultés rencontrées sont la preuve de la nécessité d'accélérer les réformes. "Avec un petit pourcent de croissance, vous ne créez pas beaucoup de richesse et à ce moment là vous détruisez de l'emploi", a-t-il avoué sur Canal +. "Il faut faire encore plus de réformes pour reprendre le train de la croissance." Pas de croissance, pas d'emploi. Certes, depuis les premières déclarations de Fillon annonçant que les caisses sont vides, les Français on eu le temps de se faire à l'idée.


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