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Claude Chirac auditionnée

Publié le 14 août 2008 à 17h49 par Vivien VERGNAUD

La fille de l'ancien chef de l'Etat, Claude Chirac, a été entendue durant plus de neuf heures, lundi 4 août, par la Direction nationale des investigations financières. Les enquêteurs ont questionné l'ancienne directrice de la communication de Jacques Chirac sur l'épineux dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris. Une affaire dans laquelle son père a été mis en examen.

Claude Chirac, ici en 1994, a été chargée de mission au cabinet du maire de Paris, Jacques Chirac. - Maxppp
Claude Chirac, ici en 1994, a été chargée de mission au cabinet du maire de Paris, Jacques Chirac. (Maxppp)


L'affaire des chargés de mission de la ville de Paris revient sur le devant de la scène. Grâce à une invitée discrète mais célèbre. Claude Chirac, la fille de l'ancien président de la République, a été entendue comme témoin le 4 août dernier par les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF), a révélé jeudi le site Bakchich.info. Cette audition, qui a duré près de neuf heures, a été demandée par la juge Xavière Simeoni, en charge de l'enquête au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.

Le dossier, ouvert en 1998, concerne le deuxième et le troisième mandat de Jacques Chirac en tant que maire de Paris (1983-1995) et les trois premières années du mandat de son successeur au poste, Jean Tibéri (1995-1998). L'ancien président a d'ailleurs été mis en examen le 21 novembre pour "détournements de fonds publics" dans cette affaire. Lui et quelques-uns de ses collaborateurs (Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled) sont soupçonnés d'avoir payé des emplois de complaisance à des proches du parti gaulliste, le défunt RPR. Lors de son audition le 3 juillet par la juge Simeoni, le chef d'Etat à la retraite avait expliqué qu'"en qualité de maire de Paris, (il) assume la responsabilité du recrutement" des personnes qui ont obtenu ces emplois, "même si pour beaucoup d'entre eux, (il) ne les connaissait pas".

La juge ne poursuivra pas Claude Chirac

Jusqu'à aujourd'hui, aucune information concernant le contenu de l'audition de Claude Chirac n'a filtré. Cependant, la juge avait déjà lancé des investigations, en septembre dernier, sur l'origine de la rémunération de Claude Chirac lorsqu'elle était chargée de mission au cabinet de son père. Alors que l'enquête s'attache donc à des "détournements de fonds publics", les faits reprochés à la fille de l'ancien président ne relevaient pas de la saisine de la juge, mais correspondaient plutôt à des "abus de biens sociaux", puisqu'elle aurait été rétribuée par une entreprise privée. Claude Chirac ne sera donc pas poursuivie.

Devenue directrice de la communication du groupe Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) depuis la retraite de son père, l'ancienne conseillère "communication-opinion" de l'Elysée avait déjà été entendue dans une autre affaire en juillet 2001. Les juges Renaud Van Ruymbeke et Marc Brisset-Foucault voulaient l'entendre sur des voyages payés en argent liquide. Entre 1992 et 1995, la famille et les proches de Jacques Chirac auraient bénéficié d'une vingtaine de voyage payés en espèce. Pour une somme totale de 2,4 millions de francs.

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