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Colonna se dévoile... un peu

Publié le 13 novembre 2007 à 14h23 par

A la deuxième journée de son procès qui doit durer un mois, Yvan Colonna, accusé de l'assassinat du préfet Erignac en 1998, s'est revendiqué comme "patriote corse" mais a nié toute violence. Durant deux heures, il a évoqué sa vie, son enfance, son parcours. Le berger de Cargèse affirme avoir mis fin à ses activités nationalistes en 1990, ce que conteste l'accusation.

Colonna n'a pas supporté son éloignement de Cargèse. - Maxppp
Colonna n'a pas supporté son éloignement de Cargèse. (Maxppp)
A la deuxième journée de son procès qui doit durer un mois, Yvan Colonna, accusé de l'assassinat du préfet Erignac en 1998, s'est revendiqué comme "patriote corse" mais a nié toute violence. Durant deux heures, il a évoqué sa vie, son enfance, son parcours. Le berger de Cargèse affirme avoir mis fin à ses activités nationalistes en 1990, ce que conteste l'accusation.

"J'ai le sentiment d'appartenir à un peuple, ce peuple est nié dans ses droits, ça a fait de moi un nationaliste corse (...) Je le suis toujours, monsieur le juge". Yvan Colonna répondait mardi à son premier interrogatoire public de personnalité. Le berger de Cargèse a toutefois nié la violence que lui impute l'accusation qui le soupçonne d'avoir participé à des attentats dans les années 80. "Ce dossier a été constitué uniquement à charge, la radicalité, elle n'existe pas", a-t-il dit, rappelant qu'il n'avait jamais été condamné ni même jugé.

Bravache, Yvan Colonna, peu disert hier, a parlé durant deux heures face à la veuve du préfet qui prenait des notes. "Je ne vois pas où vous voulez en venir, monsieur l'avocat général, qu'est-ce que vous voulez savoir ? Vous pouvez m'aider, monsieur le président ? Si vous voulez que je dise que je suis patriote corse, oui, je suis patriote", a-t-il lancé, sourire aux coins des lèvres et regard ironique, à l'accusation, en réponse à une question floue sur son engagement politique.

"J'aime mon pays par dessus tout"

"Mais vous vous rendez compte de l'absurdité de votre question ?", a-t-il répondu sur le même ton à l'avocat du frère du préfet, qui l'interrogeait sur l'origine d'une dénonciation anonyme de 1994 qui le désignait déjà comme l'auteur d'un crime avec deux autres futurs protagonistes du dossier Erignac.

Yvan Colonna est né en 1960 d'un père corse, professeur d'éducation physique qui devait devenir député socialiste à Nice, et d'une mère bretonne, également professeur de sport. Jusqu'à l'âge de 16 ans, sa vie se déroule dans le village de Cargèse, au nord d'Ajaccio. Ce petit village est le berceau de la famille Colonna. Une rue porte même le nom.

"J'aime mon pays par dessus tout", a affirmé Yvan Colonna. Lorsqu'il a 16 ans, sa famille déménage à Nice. Le jeune adolescent doit suivre. Il vivra ce déménagement comme "un arrachement, un déchirement". Comme ses parents, il entame des études en éducation physique. Le jeune homme n'a pourtant de cesse de revenir sur l'Ile de Beauté. Sa rencontre avec un berger précipite sa vocation d'éleveur de chèvres. Il rachète au milieu des années 80 avec un associé un cheptel de 180 bêtes et le développe, à 15 minutes à pied du domaine familial.

"Je regrette la mort d'hommes..."

Dans les années 70, l'engagement nationaliste vient "naturellement", dit-il. Yvan Colonna a été membre de la CCN, un des premiers partis nationalistes, sympathisant d'un syndicat agricole nationaliste, mais a abandonné le militantisme actif au début des années 1990, à la naissance de son fils. Agé aujourd'hui de 17 ans, le jeune homme assiste d'ailleurs au procès de son père dans la salle d'audience.

L'accusation soutient qu'Yvan Colonna qui rejetait la guerre entre factions rivales secouant alors la Corse, avec une vingtaine de morts, aurait voulu avec ses amis "refonder" la cause par un acte fort : l'assassinat du préfet. Le berger nie cette version. "J'ai eu un tournant professionnel et la naissance de mon fils, qui a bouleversé ma vie (...) Pour le reste, je regrette la mort d'hommes mais étant donné que je n'étais pas partie prenante, je ne vois pas ce que je peux vous en dire", a-t-il déclaré. Dans la journée plusieurs personnes de l'entourage d'Yvan Colonna seront appelées à la barre pour témoigner de la personnalité du prévenu.


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