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EADS: Forgeard en garde à vue

Publié le 28 mai 2008 à 14h39 par

Auditionné mercredi matin dans les locaux de la brigade financière de Paris, Noël Forgeard a été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur un éventuel délit d'initiés parmi les dirigeants d'EADS. L'ancien co-président de l'avionneur européen, débarqué en juillet 2006 après avoir revendu 162 000 titres, pourrait désormais être présenté à des juges d'instruction.

Noël Forgeard a été placé en garde à vue mercredi matin. - Reuters
Noël Forgeard a été placé en garde à vue mercredi matin. (Reuters)


EADS rattrape Noël Forgeard. Arrivé discrètement mercredi matin à la brigade financière de Paris (13e arrdt.), celui qui fut co-président de l'avionneur européen, contraint de démissionner de son poste en juillet 2006, s'est vu signifier sa garde à vue par les enquêteurs. Il est ainsi le premier haut responsable à être poursuivi dans l'enquête concernant un éventuel délit d'initiés à la tête d'EADS. La procédure avait été ouverte en novembre 2006 par une plainte déposée par de petits actionnaires contre "X" pour "délit d'initié, recel de délit d'initié et diffusion d'informations fausses ou trompeuses aux marchés financiers". Ceux-ci s'étonnaient alors de la vente massive d'actions par des dirigeants de la société, juste avant l'annonce officielle, le 13 juin 2006, de retards de production de l'A 380. Le lendemain, le titre plongeait de 25% sur les marchés financiers.



Selon les documents officiels d'EADS, il a été établi que Noël Forgeard avait lui cédé 162 000 titres le 15 mars 2006, réalisant une plus-value de 2,5 millions d'euros. Ses enfants avaient eux vendu 127 998 titres deux jours plus tard, pour un gain de 4,2 millions d'euros. Rien pour l'heure n'a filtré de son entretien avec les enquêteurs. Lui qui s'est toujours défendu de toute action frauduleuse peut être entendu pendant 48 heures. A l'issue de cette audition, l'homme dont le parachute doré avait enflammé la campagne présidentielle en 2007, pourra, soit être remis en liberté, soit être directement présenté à des magistrats instructeurs, qui pourront, à leur tour, lui signifier sa mise en examen.

Le mois dernier, l'Autorité des marchés financiers (AMF), avait transmis à la justice un rapport dans lequel figurait le nom de dix-sept cadres d'EADS pouvant être concernés par un possible délit d'initiés. Celui de Noël Forgeard y était écrit. François Auque, directeur d'EADS Space (10 000 titres vendus pour une plus-value de 114.000 euros), Jean-Paul Gut, directeur général délégué (50 000 titres pour 737 000 euros), ou Jussi Itavuori, directeur des ressources humaines (95 000 titres pour un profit de 1,2 million d'euros) étaient également visés. Tous avaient alors reçu une "déclaration de griefs" et des perquisitions avaient eu lieu à leur domicile et sur leur lieu de travail. L'enquête avait nécessité des interrogatoires. Ceux-ci s'étaient déroulés en toute discrétion. Celui de Noël Forgeard fait aujourd'hui un peu plus de bruit.


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