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Epinal: L'hôpital est responsable

Publié le 09 septembre 2008 à 11h08 par Marie DESNOS

Un rapport de la Chambre régionale des comptes lève le voile sur les dysfonctionnements qui ont causé la surirradiation de plus de 5500 patients de l'hôpital Jean-Monnet entre 1987 et 2006. Le centre hospitalier manquait de personnel et surtout de procédures de contrôle. Il fonctionnait, en somme, dans la "quasi-autarcie" et dans la plus grande illégalité.

En avril, Roselyne Bachelot avait visité nouveau centre de radiotherapie d'Epinal. - Maxppp
En avril, Roselyne Bachelot avait visité nouveau centre de radiotherapie d'Epinal. (Maxppp)


Fonctionnement "quasi-autarcique", "dans l'illégalité totale", "anomalies contraires au règlement", "absence de stratégie"... le rapport de la Chambre régionale des comptes concernant l'hôpital d'Epinal, où plus de 5500 patients ont été surirradiés entre 1987 et 2006, est sans appel. C'est à se demander comment un centre hospitalier si désorganisé a pu fonctionner de la sorte pendant tout ce temps. Selon ce rapport révélé par L'Est Républicain, les dysfonctionnements sont innombrables.

Tout d'abord, le service de radiothérapie "fonctionnait de façon presque autonome, quasi autarcique". Le seul et unique radio-physicien du service – ce qui est déjà illégal - "bien que contractuel à temps plein dans l'hôpital", travaillait en parallèle à la clinique privée voisine. Un double emploi du temps qui conduisait souvent le service à procéder aux irradiations en l'absence du spécialiste, ce qui est contraire au règlement.

La direction avait tenté de mettre fin à ces dysfonctionnements

Autre anomalie: les deux secrétaires "ne dépendaient que des seuls médecins" et "se chargeaient des formalités d'admission sans qu'aucun contrôle administratif n'existe." Résultat: "Lors de la déclaration aux autorités de tutelle relative aux vingt-trois patients surirradiés le 16 septembre 2005, la directrice ne connaissait pas les identités desdits patients." "La direction de l'établissement n'avait ni la maîtrise de l'activité privée du service, ni les moyens d'en mesurer son véritable niveau", concluent les magistrats.

Le bilan de l'étude réalisée (qui concerne la période 2001-2006) est accablant. Le centre hospitalier d'Epinal est bel et bien responsable de ces surdoses de rayons, dont souffrent encore aujourd'hui des milliers de personnes. Et malheureusement, cela semble être la règle pour ce type de catastrophe sanitaire. En février dernier, deux rapports de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn) arrivaient à la même conclusion dans l'affaire des surirradiations de Toulouse: elles auraient pu être évitées.

La direction de l'hôpital Jean-Monnet avait d'ailleurs "tenté en vain de mettre fin à cette situation", souligne le rapport. Elle avait ainsi préconisé un rapprochement avec le centre anticancéreux de Nancy, dans le but de formé un pôle spécialisé. Une proposition accueillie favorablement par le centre Alexis-Vautrin, mais tombée en désuétude à cause de l'Agence régionale pour l'hospitalisation (ARH), qui n'a jamais daigné donner suite à la requête. "Sa tentative s'est heurtée à l'hostilité des médecins", explique le document. La directrice est toutefois mise en examen pour non-assistance à personne en danger.


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