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Euthanasie: "Choisir ma mort"

Publié le 28 février 2008 à 16h59 par

Chantal Sébire, 52 ans, a lancé mardi un appel au président de la République pour une nouvelle loi sur l'euthanasie. Atteinte d'une maladie incurable dégénérative et très douloureuse, cette professeure des écoles demande le droit à "choisir sa mort". Après le combat de Vincent Humbert, ce nouveau drame relance le débat sur la mort assistée, interdite en France.

Chantal Sébire souhaite se faire accompagner vers la mort. - France 2
Chantal Sébire souhaite se faire accompagner vers la mort. (France 2)


"Je demande qu'on m'aide à partir". Atteinte depuis plus de sept ans d'un mal mortel et dégénératif, Chantal Sébire a lancé mardi soir sur France 2 un appel poignant pour le droit à mourir selon son choix. Le même jour, cette mère de trois enfants domiciliée à Plombières-les-Dijon (Côte d'Or) a envoyé une lettre au chef de l'Etat lui demandant une nouvelle loi sur l'euthanasie, interdite en France.

Depuis qu'elle a appris en 2002 qu'elle avait un ésthesioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale, l'état de Chantal Sébire s'est aggravé. La maladie qui l'a défigurée lui a fait perdre les sens de l'odorat et du goût, et depuis octobre 2007, elle est presque aveugle. Ne supportant pas la morphine ou la cortisone, l'ancienne professeure des écoles subit des douleurs terribles qui peuvent durer plusieurs heures. "Ce n'est plus possible, il n'y a aucune solution, pitié(...). Je suis suspendue à une mort imminente (...) Mais faut-il que j'aille dans cette mort avec des souffrances atroces?", a-t-elle expliqué sur France Info.

Soutenue par son fils et ses deux filles, ainsi que son médecin traitant, Chantal Sébire refuse de finir sa vie à l'hôpital, sous traitement sédatif. Mais cette femme combattive et extrêmement lucide n'envisage pas non plus de se suicider. Elle souhaite s'éteindre chez elle, avec sa famille, au moment où elle le décidera: "Je voudrais choisir ma mort. Malheureusement,ce n'est pas possible aujourd'hui dans notre pays".

Le Luxembourg vient de dépénaliser l'euthanasie


L'euthanasie est effectivement interdite en France malgré les débats passionnés qui ressurgissent régulièrement. Suite à la mort de Vincent Humbert, en 2003, une commission parlementaire a donné naissance à la loi Léonetti le 22 avril 2005. Considérée comme "une avancée, même si elle est insuffisante" par les associations qui militent pour le suicide assisté ( lire l'interview de Jean-Luc Roméro), le texte prévoit notamment que "les actes médicaux ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable", et permet d'administrer des traitements antidouleur qui peuvent avoir pour "effet secondaire d'abréger la vie". Par contre, la mort médicalement accompagnée reste prohibée, contrairement à des pays comme la Belgique, la Suisse et le Luxembourg, qui vient de l'autoriser le 20 février.

Marie Humbert qui avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir, a tenu à réagir. Apportant son soutien à Chantal Sébire, elle a de nouveau interpellé les pouvoirs publics et demandé une dépénalisation de l'euthanasie.


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