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Euthanasie: Kouchner en première ligne

Publié le 04 mars 2008 à 15h45 par

Le débat est relancé après l'appel de Chantal Sébire au président de la République pour une nouvelle loi sur l'euthanasie. Bernard Kouchner, à l'origine de la loi sur le droit des malades lorsqu'il occupait le ministère de la santé, en 2002, a plaidé mardi pour un "droit à quitter doucement la vie", estimant que la loi Léonetti de 2005 est insuffisante.

Seuls trois pays européens reconnaissent légalement l'euthanasie. - Reuters
Seuls trois pays européens reconnaissent légalement l'euthanasie. (Reuters)


Seuls trois pays parmi les vingt-sept que compte l'Union européenne ont encadré légalement l'euthanasie. En la matière le Bénélux fait figure de pionnier. Si l'on peut choisir de mourir aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, ce "droit" est encore refusé aux personnes en fin de vie ou celles souffrant de maladies incurables en France. Morale, éthique, culture... les obstacles à l'instauration d'un "droit à la mort" comme celui à la vie sont nombreux. Les appels à la reconnaissance légale de l'euthanasie en France le sont également.

Le dernier en date est celui de Chantal Sébire, une professeure des écoles âgé de 52 ans et atteinte d'une maladie dégénérative et incurable –un ésthesioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale- qui a demandé au président de la République une nouvelle loi sur l'euthanasie. "Je demande qu'on m'aide à partir (...) Je suis suspendue à une mort imminente", déclarait la semaine dernière Chantal Sébire qui refuse de finir sa vie à l'hôpital, sous traitement sédatif et préfère mourir chez elle, entourée des siens. "Je voudrais choisir ma mort. Malheureusement, ce n'est pas possible aujourd'hui dans notre pays".

"Pouvoir quitter tout doucement la vie"

Mardi, sur les ondes de France Inter, sans aller jusqu'à lancer un appel aussi net, Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé à l'origine de la loi sur le droit des malades, adoptée en mars 2002, a soutenu l'idée qu'il fallait aller plus loin que la loi Léonetti de 2005 dont l'article premier stipule que les actes curatifs "ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris".

"Si le médecin constate qu'il ne peut soulager la souffrance d'une personne (...) qu'en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger sa vie, il doit en informer le malade", poursuit l'article 2 de la loi. Pour l'actuel ministre des Affaires étrangères, la loi Léonetti " est un progrès mais reste insuffisante". "Il faudrait compléter cela. J'estime, avec beaucoup de précautions, que si on ne veut pas se voir diminuer ou qu'il est dégradant devant sa famille mais surtout à soi-même, d'être dans des conditions d'attente de la mort inéluctables et sans qu'il y ait de traitement et sans qu'il y ait autre chose que de la souffrance, on devrait pouvoir quitter tout doucement la vie en tenant la main des gens qu'on aime ", a conclu l'hôte du Quai d'Orsay au micro de France Inter.

Le drame de Vincent Humbert, qui lui aussi avait fait appel au chef de l'Etat, est à l'origine de la loi Léonetti qui permet d'adoucir les restrictions à l'accompagnement médical des personnes en fin de vie mais reste parcellaire. Le chef de la diplomatie française a peut-être jeté un pont de plus vers la reconnaissance de l'euthanasie en France. Pour l'heure, Nicolas Sarkozy n'a pas répondu à l'appel de Chantal Sébire. Le ministère de la jeunesse et de la Santé, contacté par leJDD.fr, n'a pas voulu commenter pour l'heure les propos de Bernard Kouchner.


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