Fidl: "Le bon combat"
Publié le 16 avril 2008 à 15h55 par
La rencontre entre Xavier Darcos et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), mercredi, n'a pas été fructueuse. La Fidl appelle à poursuivre le mouvement jusqu'à ce que le ministre accepte d'assouplir sa réforme sur les suppressions de postes. Même si ce dernier reste ouvert sur la réforme du baccalauréat professionnel, beaucoup reste à faire selon la présidente de la Fidl, Alix Nicolet.

Jeudi, les lycéens manifesteront pour la septième fois en un mois. (Reuters)
Alix Nicolet, vous avez rencontré ce matin le ministre de l'Education. Que ressort-il de cet entretien?
Le bilan est assez mitigé. Le ministre commence à s'ouvrir au dialogue mais il y a un blocage sur les suppressions de postes. Concernant le baccalauréat professionnel (qui passerait de quatre ans à trois ans, ndlr), Xavier Darcos a accepté d'envisager de discuter filière par filière. Nous sommes également prêts de notre côté, à faire des concessions. Mais l'on ne compte pas arrêter notre mouvement sous prétexte que le ministre a accepté de discuter. La question de fond est celle des suppressions de postes, sur laquelle il reste inflexible.
Vous parlez d'avancées par rapport à la dureté de la position de Xavier Darcos depuis le début des manifestations. Qu'attendez-vous de plus?
Ces avancées ne sont clairement pas suffisantes. C'est bien, mais on peut largement mieux faire! Le changement de position de M. Darcos montre que le mouvement commence à porter ses fruits mais ce n'est pas encore gagné. Nous sommes dans une bonne démarche, mais tant que les 11 200 postes ne seront pas rétablis, on ne s'arrêtera pas. Nous sommes dans un rapport de force, qui marche pour le moment, et l'arrivée des vacances va nous permettre d'être encore plus fort pour la rentrée début mai. C'est vraiment une mobilisation à l'échelle nationale qui se prépare.
"Il faut vraiment agir"
Ne pensez-vous pas que cette réforme est nécessaire par certains aspects?
Aujourd'hui, on est déjà trop par classe. On est à la limite du supportable, avec une moyenne de 35 élèves par classe. C'est une réforme dans l'autre sens qu'il faut. Les effectifs sont très mal répartis en France, avec certaines académies déjà en difficulté qui se retrouveront avec beaucoup de suppressions de postes. Il faut vraiment agir contre cela. Les politiques veulent la réussite de tous mais ne leur en donne pas les moyens.
Que répondez-vous à Xavier Darcos lorsqu'il affirme que c'est l'angoisse qui pousse les jeunes dans la rue?
Il veut nous faire croire que les lycéens se trompent de combat. Or, c'est faux, on est bel et bien mobilisés pour le bon combat, celui d'être bien formés, dans de bonnes conditions pour obtenir des diplômes qui soient reconnus.
Classes surchargées, accroissement des options, violence à l'école... Que préconisez-vous comme solution?
Il est nécessaire que les lycéens soient mieux encadrés, qu'il y ait plus d'assistants pédagogiques, de surveillants, de professeurs. Il faut un travail d'anticipation avec les lycéens, ne pas attendre qu'ils aillent mal pour s'en occuper. Le personnel éducatif n'est pas assez nombreux. Avec les heures supplémentaires, les professeurs ont encore moins de temps à consacrer aux élèves et sont donc moins à l'écoute. Il faut empêcher tout cela.
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