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Gazole: Un effort de Bruxelles

Publié le 18 juin 2008 à 8h58 par

Après des semaines de manifestation, notamment à Bruxelles, les pêcheurs européens ont en partie obtenu gain de cause. La Commission européenne a en effet lâché du lest et annoncé qu'elle acceptait de relever les plafonds d'aides publiques autorisées dans le secteur. D'autres avancées sont également au programme. Elle reste en revanche inflexible quant à l'interdiction de la pêche au thon.

Michel Barnier a en partie obtenu gain de cause sur les aides publiques à la pêche. - Reuters
Michel Barnier a en partie obtenu gain de cause sur les aides publiques à la pêche. (Reuters)


La Commission européenne a cédé à la pression populaire. Du moins en apparence. Dans la journée de mardi, la France et l'Italie annonçaient toute une série de propositions qu'elles comptaient présenter lors de la prochaine réunion des ministres européens de l'Agriculture afin de lutter contre la hausse du prix du gazole. Le binôme a déjà obtenu gain de cause. L'Union européenne vient, en partie, d'accéder à ses requêtes.

"Le plafond actuel de l'aide nationale devrait être augmenté", réclamait Michel Barnier au mois de mai. Le ministre français de l'Agriculture a donc dû entendre avec soulagement les propos de Joe Borg, dans la soirée de mardi. Le commissaire européen à la Pêche a en effet abondé dans sons sens. Après des semaines de conflit, Bruxelles a accepté de relever les plafonds d'aides publiques autorisées dans le secteur, de 30 000 euros sur trois ans actuellement par entreprise de pêche, à 100 000 euros, comme le demandaient notamment Paris et Rome. Dans un communiqué, la Commission européenne annonce également être d'accord pour verser de l'argent aux pêcheurs qui restent à quai, pendant une période qui ne devra excéder trois mois. Seule condition imposée: que ce ralentissement d'activité résulte d'un plan de restructuration.



Dans la même veine, Bruxelles entend accorder certaines facilités aux Etats afin de les aider à équiper les navires en moteurs plus économes, l'un des moyens pour lutter contre la dépendance au gazole. Principal point d'achoppement, tout de même, Bruxelles ne parle en aucun cas d'une baisse du prix du gazole, la revendication principale des pêcheurs européens, qui manifestent pour cela depuis des semaines. Lors d'une réunion qui s'est tenue mardi en Italie, sept pays avaient ainsi implicitement réclamés une baisse des taxes sur le carburant. La Commission n'a pas dit un mot sur le sujet.

Si l'avancée est donc notable, pas certain pour autant qu'elle suffise à calmer les ardeurs des pêcheurs, qui attendent plus. Et notamment qu'on les autorise à reprendre la pêche au thon rouge en mer méditerranée. Arguant que les quotas attribués de capture ont déjà été atteints, Joe Borg a en effet décidé d'interdire cette pêche. Une décision qui a fait du bruit dans les ports. Et s'il a accepté de donner un coup de pouce pour le gazole, il est revanche resté inflexible sur ce point. La France a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne comptait pas en rester là et que ce sujet serait abordé lors de la prochaine réunion des ministres européens de l'Agriculture. Une rencontre attendue par toute une profession.


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