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Grève, ça commence aujourd'hui

Publié le 13 novembre 2007 à 8h00 par

Les Français se préparent à la galère. Les mouvements de grève, à la SNCF et à la RATP, débuteront ce mardi à 20 heures pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. La mobilisation syndicale s'annonce massive et laisse envisager, au moins, un mercredi noir. Face à la détermination des syndicats, le gouvernement n'entend pas baisser la garde.

Dans le métro parisien, seule la ligne 14, automatique, fonctionnera normalement. - Maxppp
Dans le métro parisien, seule la ligne 14, automatique, fonctionnera normalement. (Maxppp)
Les Français se préparent à la galère. Les mouvements de grève, à la SNCF et à la RATP, débuteront ce mardi à 20 heures pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. La mobilisation syndicale s'annonce massive et laisse envisager, au moins, un mercredi noir. Face à la détermination des syndicats, le gouvernement n'entend pas baisser la garde.

Vous aviez aimé le 18 octobre? Vous risquez d'adorer le 14 novembre! A partir de 20 heures ce mercredi, midi à la gare Saint-Charles à Marseille, les trains vont commencer à se faire rares, très rares. Un métro sur dix à Paris, des RER à l'arrêt, 90 TGV en circulation au lieu de 700 pour une trentaine de trains Corail... Les places seront très chères dans les transports en commun mercredi. Pour les usagers, c'est une journée d'enfer qui s'annonce et pour ceux qui n'ont pas pu prendre de dispositions spéciales (jour de congé, RTT...), l'heure est au système D. On organise le co-voiturage, tout en sachant que le trafic sur la route sera complètement saturé et qu'il faudra s'armer de patience...

Certaines entreprises ont pris les devants en réservant des chambres d'hôtel pour leurs employés qui résident loin de leur lieu de travail. A Paris, les taxis qui auront le courage de se frotter aux embouteillages vont être pris d'assaut et on s'attend à ce que soit à nouveau battu le record de locations de Velib tandis que les marchands de cycle ont annoncé avoir connu un pic de vente ces derniers jours... Et pour couronner le tout, la météo annonce de la pluie sur une bonne partie de la France.

Le mouvement social sera étendu mercredi à EDF, GDF ainsi qu'aux salariés de l'Opéra de Paris et de la Comédie française, assujettis à un régime spécial de retraite, qui ont également appelé à la grève. Seule bonne nouvelle pour les usagers, la volonté affichée le week-end dernier par la coordination étudiante de bloquer ce mardi des gares SNCF dans le pays est loin de faire l'unanimité. L'Unef, le premier syndicat étudiant, s'est ainsi désolidarisé de ce projet.

"Un parfum de 1995"

Plus inquiétant, en revanche, la grève est reconductible par tranches de 24 heures et si, à en croire, différents sondages, les Français y seraient majoritairement opposés, la détermination des syndicats pourrait conduire à une prolongation du mouvement. Voire à un bras de fer avec le gouvernement qui n'entend pas céder.

Nicolas Sarkozy, en déplacement en Allemagne lundi, a bien fait comprendre qu'il était prêt pour l'épreuve de force et qu'il avait la conscience tranquille dans la mesure où il affirme avoir été élu pour mener à bien les réformes. Résolu, le chef de l'Etat s'est dit "très calme" et "très déterminé" tout en soulignant que "la porte du dialogue reste ouverte". "Ces réformes, nous les ferons parce qu'elles doivent être faites", a-t-il répété. Sang froid et inflexibilité, c'est également la posture affichée par le Premier ministre, François Fillon, et par le ministre du Travail qui a mené les négociations avec les partenaires sociaux, Xavier Bertrand.

Face à eux, Bernard Thibault dénonce les "fables" gouvernementales sur les régimes spéciaux. "Il continue à circuler un certain nombre de fables sur les régimes spéciaux. Je vous en prends une parmi d'autres: il suffirait de faire disparaître les régimes spéciaux de retraite pour avoir les moyens d'augmenter les petites pensions du régime général. C'est totalement faux", a par exemple déclaré sur France Info le secrétaire général de la CGT.

Des syndicats qui, s'ils n'obtiennent pas de concessions, se disent donc prêts à la reconduction de la grève au moins jeudi. C'est vendredi que s'opèrerar, ou non la bascule. Si la grève est à nouveau reconduite, elle se poursuivrait alors tout le week-end avec en ligne de mire la grève prévue dans la fonction publique le mardi 20 novembre et une possible volonté de faire la jonction jusque là. Autrement dit, c'est peut-être bien à une semaine de galère que les usagers doivent se préparer. Pour Olivier Besancenot, il y a cette semaine comme un "parfum de 1995"...


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