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Grève: La CFDT grossit les rangs

Publié le 06 novembre 2007 à 20h21 par

La CFDT a rejoint mardi soir l'appel à la grève reconductible lancé par six fédérations syndicales de cheminots pour le 13 novembre. Le syndicat a expliqué que les dernières discussions avec le ministre du Travail Xavier Bertrand n'avaient pas débouché sur les avancées espérées. Celui-ci a réaffirmé sa détermination. Les syndicats RATP et de l'énergie pourraient se joindre au mouvement.

Les syndicats estiment n'avoir pas été entendus par le ministre Xavier Bertrand. - Reuters
Les syndicats estiment n'avoir pas été entendus par le ministre Xavier Bertrand. (Reuters)
La CFDT a rejoint mardi soir l'appel à la grève lancée par six fédérations syndicales de cheminots pour le 13 novembre. Le syndicat a expliqué que les dernières discussions avec le ministre du Travail Xavier Bertrand n'avaient pas débouché sur les avancées espérées. Celui-ci a réaffirmé sa détermination. Les syndicats RATP et de l'énergie pourraient se joindre au mouvement.

Cette fois, il ne manque plus que les conducteurs de train. Mardi soir, la CFDT-Cheminots s'est jointe à l'appel à la grève reconductible lancé pour le 13 novembre à partir de 20 heures par six des huit fédérations syndicales (CFT, CGC, FO, Sud-Rail, CFTC, Unsa). Il y a une semaine, le syndicat avait préféré temporiser, préférant laisser la place à la négociation sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Mais la "non réponse du gouvernement" déplorée par le secrétaire général Arnaud Morvan a décidé la fédération à rejoindre ses homologues.

C'est que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, n'a pas modifié sa position d'un iota. La réforme est sur les rails, et il a de nouveau réaffirmé mardi la détermination du gouvernement. Interrogé sur France-Info, il a proposé de ne pas imposer de décote sur les retraites des salariés des régimes spéciaux à condition qu'ils effectuent 40 annuités, contre 37 ans et demi actuellement. L'agent dans ce cas "n'aura pas un euro en moins sur sa pension. C'est une garantie de pouvoir d'achat et je pense que c'est de nature à répondre à l'inquiétude que j'ai pu entendre", a-t-il assuré. Mais ce discours est perçu comme une façon de noyer le poisson, et de déguiser un statu quo en proposition. Car le coeur de la réforme concerne justement le passage à 40 années de cotisation, la décote ne devant s'appliquer que lorsque le salarié ne remplit pas cette condition. "Sans décote, ça ne sert à rien d'allonger la durée de cotisation", a-t-il aussi dit.

"On a l'impression que le gouvernement nous demande de faire grève"

Les mots de Xavier Bertrand ce mardi s'inscrivent exactement dans ce cadre. Autrement dit: on ne touche pas à la réforme. Aucune autre concession ne semble avoir été faite sur les points qu'avait soulevé François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. S'il avait affirmé que son organisation acceptait le passage à 40 années, il souhaitait des aménagements pour les emplois pénibles, un étalement de l'application des décotes et l'intégration des primes dans le calcul des pensions. Des questions que le ministre renvoie aux négociations par entreprise. "A ce jour, 15 jours après, on n'a aucune réponse du gouvernement. On a l'impression que le gouvernement nous demande de faire grève", a-t-il lancé mardi matin sur Europe 1.

Chez ses homologues, le ton s'est fait plus dur. "Le ministre n'a rien annoncé du tout. La seule chose qu'il nous annonce, c'est qu'on travaillera plus pour gagner la même chose", a déclaré à l'agence AP le secrétaire fédéral de la CFTC-Transports, Bernard Aubin, qui a dit sa "colère". "Dans les déclarations de M. Bertrand, il n'y a que du vent", a-t-il ajouté, alors que le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, a tonné: "Près de 100 heures de discussions – comme aime à le dire le ministre – pour ça !" A la SNCF, la position est désormais très claire. Et les cheminots pourraient ne pas être seuls à manifester et à cesser toute activité le 14 novembre.

Selon des informations parues mardi, les syndicats RATP et de l'énergie devraient se joindre au mouvement. Philippe Touzet, de Sud-RATP, a cependant affirmé au JDD.fr qu'aucune réunion intersyndicale n'était prévue. "Je sais qu'il y a des tractations au ministère", a-t-il expliqué, disant attendre de la CFDT et de Force ouvrière qu'ils se prononcent. Il s'attendait à ce que l'organisation de François Chérèque soit contentée: "Le gouvernement va forcément lâcher quelque chose parce qu'il a intérêt à crédibiliser la CFDT. Sinon, avec qui ils vont négocier ?" Visiblement, le ministre ne prend même pas soin de ses interlocuteurs préférés. Lesquels ont donc décidé de se joindre au mouvement des cheminots, et ce pourrait n'être qu'un début.


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