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Grèves: Ça négocie tous azimuts

Publié le 13 novembre 2007 à 22h01 par

Alors que le mouvement social contre la réforme des régimes spéciaux s'annonce dur, les acteurs du conflit tentent de trouver une sortie de crise. S'appuyant sur une nouvelle proposition de la CGT, intervenue mardi, les syndicats sont consultés ce mercredi matin par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, pour des négociations de la dernière chance.

Bernard Thibault a sorti une proposition de son chapeau. - Maxppp
Bernard Thibault a sorti une proposition de son chapeau. (Maxppp)
Alors que le mouvement social contre la réforme des régimes spéciaux s'annonce dur, les acteurs du conflit tentent de trouver une sortie de crise. S'appuyant sur une nouvelle proposition de la CGT, intervenue mardi, les syndicats sont consultés ce mercredi matin par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, pour des négociations de la dernière chance.

A l'issue de son entrevue avec Xavier Bertrand, Bernard Thibault était ravi de son "coup". "Nous sommes venus avec de nouvelles propositions qui consistent à ouvrir sans tarder des cycles de négociations tripartites avec les directions d'entreprise et les représentants de l'Etat pour chacun des régimes spéciaux le plus rapidement possible", a expliqué le leader de la CGT. Ce dernier a donc modifié sa proposition initiale, retoquée par le gouvernement, qui consistait à demander des négociations tripartites globales. Et cette idée, si elle est retenue "peut avoir un effet sur le déroulement de la grève", a relevé Bernard Thibault. Avant de temporiser: "Nous n'avons pas de réponse sur la méthode, a-t-il aussitôt ajouté. Pour l'instant, il n'y a pas de raison à ce que quelque chose soit changé pour la grève."

Pour l'instant, mais la donne pourrait rapidement changer, tant le gouvernement s'est jeté sur ce geste d'ouverture inattendu. Invité peu après du JT de TF1, François Fillon s'est félicité de cette proposition de dernière minute. "Je suis satisfait d'entendre que Bernard Thibault et la CGT, qui pour le moment ne voulaient pas entrer dans ce cycle de négociations, semblent d'accord maintenant pour le faire", a-t-il dit. "Ça montre que tout n'est pas bloqué, et ça montre bien que le fil du dialogue n'a jamais été rompu." Et d'annoncer aussi sec: "Avec le président de la République, dès que nous avons appris cette proposition, nous avons demandé à Xavier Bertrand de recevoir cette nuit, d'ici demain matin, toutes les autres organisations pour recueillir leurs propositions et voir comment on peut dans les meilleurs délais faire cesser cette grève et rentrer dans ce cycle de négociations que le gouvernement appelle de ses voeux."

La CGT serait revenue à une ligne "réaliste"?

Bertrand doit donc endosser le bleu de travail et ce, dès mardi soir avec l'Unsa, "pour trouver une solution de déblocage le plus rapidement possible". Il rencontrera les autres organisations syndicales - sauf SUD au motif qu'il n'a pas émis de proposition - mercredi à la première heure, alors que la France devrait être bloquée par le mouvement des cheminots. "Nous avons besoin maintenant après sa proposition (de la CGT, Ndlr) d'avoir les propositions des autres organisations syndicales.", a-t-il dit, tout en regrettant que la CGT n'ait pas fait part de ses intentions un peu plus tôt. Reçu par Xavier Bertrand mardi dans la soirée, le secrétaire général de l'UNSA, Alain Olive, a jugé la proposition de la CGT "intéressante". "Ce n'est pas absurde. Ça permet de détendre un peu l'atmosphère si ça permet de ne pas s'enkyster dans un mouvement de plusieurs semaines qui pénaliserait gravement les usagers", a-t-il remarqué.

Le président de la République s'est également exprimé dans la foulée de l'annonce de la CGT, à l'issue d'une réunion avec les dirigeants de la SNCF, de la RATP, d'EDF et de GDF, par la voix de son porte-parole, David Martinon. "Le président de la République souhaite que des négociations s'ouvrent rapidement entre les directions des entreprises et les organisations syndicales sur l'ensemble des mesures proposées dans l'intérêt des salariés pour accompagner la réforme des régimes spéciaux."

Ce pas en avant vers la négociation de la part de la CGT est inespéré pour le gouvernement, même si l'exécutif tablait sur un retour au "réalisme" de la CGT, confronté à un discours ferme de la part du gouvernement. Une source proche du gouvernement disait mardi soir: "Si elle sent que le gouvernement ne cèdera pas, que l'opinion tient et que les salariés ont envie qu'on passe à des négociations dans les entreprises, la CGT sortira du conflit." Le vent aurait-il déjà tourné, la grève à peine débutée ? Le PS, de son côté, voit dans ses négociations de dernières minutes une manoeuvre. Les socialistes accusent le gouvernement de faire "semblant de négocier alors que ses actes révèlent au contraire la recherche d'un conflit dans le but d'affaiblir les organisations syndicales".


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