Grèves: La situation s'enlise
Publié le 16 novembre 2007 à 20h23 par
Le mouvement de grève dans les transports devrait se poursuivre tout le week-end, malgré l'appel à la suspension de la grève de la CFDT-cheminots, minoritaire à la SNCF. Le conflit est dans l'impasse: les syndicats demandent l'ouverture imminente de négociation quand Xavier Bertrand, le ministre du Travail, demande l'arrêt de la grève pour discuter. Sur le terrain, la situation se tend.

La plupart des grévistes ont reconduit la grève d'au moins 24 heures. (Reuters)
Nouvelle journée de grève et peu d'avancée sur une éventuelle sortie de crise. Encore moins "par le haut" comme le souhaitait Xavier Bertrand, le ministre du Travail, chacun restant sur ses positions. Mais la décision de suspendre la grève de la CFDT-cheminots, minoritaire à la SNCF, pourrait changer la donne. Si elle ne devrait pas avoir d'impact pour les usagers, cette annonce fissure le fameux front syndical. Et fait à coup sûr les affaires de l'exécutif.
De fait, le gouvernement joue la fermeté, campant "sur ses lignes rouges" en pensant très fort à l'essoufflement du mouvement. David Martinon a fait part avec satisfaction vendredi de "la nouvelle et forte diminution du nombre de grévistes à la SNCF: 32 hier et 62". Toutefois, les transports publics étaient toujours très perturbés vendredi et la situation ne devrait guère s'améliorer ce week-end, puisque la plupart des Assemblées générales ont reconduit le mouvement.
Et si les grévistes sont moins nombreux, il semble que certains se radicalisent. De nombreux incidents ont émaillé la journée de vendredi. La SNCF a dénoncé des "actes de malveillance" émanant de "personnels incontrôlés" qui ont empêché le départ des trains dans les gares d'Ile-de-France, comme à Saint-Lazare ou Val d'Argenteuil, et en province, à Bordeaux notamment. L'entreprise a même annoncé qu'elle allait porter plainte pour certains de ces incidents.
La CGT: "Il n'est pas question de déposer un chèque en blanc sur la table"
Le conflit "n'a plus de raison de se poursuivre", affirmait vendredi après-midi Nicolas Sarkozy, qui appelait son ministre du Travail, Xavier Bertrand, à "poursuivre ses efforts en vue d'enclencher la reprise du travail" à la SNCF et la RATP. Le président de la République avait dirigé dans l'après-midi une réunion avec François Fillon, Xavier Bertrand, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie et du secrétaire d'Etat au transport, Dominique Bussereau.
Mais la situation tend à s'enliser devant le refus de Xavier Bertrand d'organiser une réunion pour préciser le contenu, le calendrier et la méthode des négociations tripartites comme le souhaitent les centrales – CFDT-cheminots compris. "On demande une première réunion pour apprécier les évolutions. Il n'est pas question de déposer un chèque en blanc sur la table", a expliqué Daniel Tourlan, un délégué CGT Marseille. Ce que refuse Xavier Bertrand. "On ne peut pas avoir et la grève et les négociations d'entreprises en même temps", a-t-il noté sur RTL. Le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, Didier Le Reste, s'est dit surpris par cette attitude. "Je suis un peu interloqué quand je vois que les représentants du gouvernement passent leur temps à encenser la nécessité du dialogue social: 'On est à l'écoute, la porte est ouverte', disent-ils", a-t-il commenté sur France Info.
La CFDT-Cheminots dépose un préavis de grève pour le 20 décembre
Xavier Bertrand a donné un mois pour négocier par entreprise ou par branche. Ce délai passé, "les textes réglementaires relatifs à la réforme des différents régimes spéciaux seront rendus publics, puis publiés", a-t-il précisé dans sa lettre de méthode.
A jouer la montre, le gouvernement prend toutefois un risque de voir le mouvement s'étendre. La situation dans les universités est toujours aussi tendue et le 20 novembre, mardi, se profile la grande journée de grève dans la fonction publique pour la défense de l'emploi et du pouvoir d'achat. La CFDT-Cheminots a déposé un préavis de grève pour le 20 décembre, date prévue de la fin de la réunion tripartite. Le gouvernement est prévenu.
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