Ajax-loader-form

Grèves: Sarkozy s'implique

Publié le 09 novembre 2007 à 21h45 par

A Colombey-les-Deux Eglises, par la voix de son porte-parole ou devant Les Progressistes, mouvement fondé par Eric Besson, Nicolas Sarkozy a saisi toutes les occasions qui se sont présentées à lui ce vendredi pour s'exprimer sur la semaine de mobilisation sociale à venir. Affirmant que le gouvernement ira jusqu'au bout des réformes, il a également appelé à l'apaisement.

Nicolas Sarkozy a repris son ton de campagne. - MaxPPP
Nicolas Sarkozy a repris son ton de campagne. (MaxPPP)
A Colombey-les-Deux Eglises, par la voix de son porte-parole ou devant Les Progressistes, mouvement fondé par Eric Besson, Nicolas Sarkozy a saisi toutes les occasions qui se sont présentées à lui ce vendredi pour s'exprimer sur la semaine de mobilisation sociale à venir. Affirmant que le gouvernement ira jusqu'au bout des réformes, il a également appelé à l'apaisement.

"Ce n'est pas une semaine qui est difficile, c'est ce que je fais qui est difficile." Nicolas Sarkozy a usé de cette formule ce vendredi. En déplacement à Colombey-les-Deux-Eglises afin de se recueillir sur la tombe du général de Gaulle, le chef de l'Etat n'a pu échapper aux questions des journalistes sur la semaine sociale qui se profile, avec notamment un mercredi noir en prévision. Hostiles à la réforme des régimes spéciaux de retraites, les salariés concernés, ceux de la SNCF en tête, défileront ce jour-là, laissant augurer des fortes perturbations à travers le pays. Une échéance que le président de la République ne cherche visiblement pas à éluder, même si pour lui, le message est clair.

"Nous irons au bout de ce processus de réforme", a-t-il déclaré à l'envi, repris en cela par le Premier ministre, François Fillon, en visite, lui, en Savoie sur un chantier de la ligne Lyon-Turin du TGV. "C'est une réforme absolument nécessaire, personne ne peut penser qu'elle puisse être repoussée", a martelé le chef du gouvernement. Dans les salons de l'Elysée, David Martinon, porte-parole de Nicolas Sarkozy, n'a pas dit autre chose lors de son point-presse hebdomadaire: "La réforme des régimes spéciaux est un engagement fort du président de la République, c'était un engagement fort de la campagne présidentielle et c'est un engagement qui sera tenu", a-t-il déclaré sans surprise.

Sarkozy: "Soyez très responsables"

Plus surprenant en revanche a été la lettre envoyée par Anne-Marie Idrac aux 160 000 cheminots du pays. En quatre pages, la présidente de la SNCF assure à ses agents sa volonté de travailler en collaboration étroite avec leurs représentants, et ce, dans "la transparence". Abordant les quatorze points qu'elle a personnellement "mis sur la table" en vue de futurs échanges avec les syndicats, l'ex-cadre de l'UDF a tenté, en douceur, de désamorcer la crise. Même si la fin de son message a été plus musclée. "Ma responsabilité est de vous dire que le mouvement de grève annoncé, coûteux pour ceux qui y prendront part, n'apportera rien de bon pour l'entreprise et les cheminots", a-t-elle écrit. "Ne prenons pas le risque de créer un divorce avec les Français." Autant de mises en garde qui resteront... lettre morte, Didier Le Reste, leader de la fédération CGT-Cheminots, ayant en effet qualifié le courrier de "campagne d'intimidation de la direction".

CGT (et courrier) toujours, Bernard Thibault a lui, profité de ce vendredi, pour adresser ses reproches à Xavier Bertrand, maître d'oeuvre de la réforme. L'accusant d'avoir tenté d'écarter son mouvement des discussions, le patron du syndicat n°1 "à la SNCF, à la RATP et dans les industries électriques et gazières", a en outre assuré que "le cadre global (de la réforme) demeure mauvais". Il en appelle désormais à une "réunion tripartite, gouvernement, syndicats, directions" pour tout remettre à plat. Seule cette solution permettrait selon lui "une issue du conflit en cours". Pour l'heure, la démarche du ministre du Travail est surtout un "chantage (...) dès lors que vous semblez exiger des organisations syndicales un accord de principe sur la réforme avant toute négociation", a écrit Bernard Thibault.

Face à cette ambiance électrique, à laquelle s'ajoute la grogne actuelle des étudiants, Nicolas Sarkozy a tenu à calmer le jeu. A la tribune des Progressistes, mouvement fondé par le ministre d'ouverture Eric Besson, et en présence de François Fillon, le chef de l'Etat a révélé que "la France doit tourner le dos à la brutalité". "Soyez très responsables, très calmes, faites preuve de beaucoup de sang froid, car en plus des problèmes qu'a notre pays, il n'a pas besoin de violence, ni de manipulation", a-t-il lancé. Une ultime recommandation avant que la rue ne s'exprime...


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.