HLM de Paris: "Opération vérité"
Publié le 05 janvier 2008 à 13h19 par
La Régie immobilière de la Ville de Paris (RVIP) a décidé d'examiner avec précision les baux des appartements de standing à loyer modéré. Après le scandale Bolufer, ex-directeur de cabinet de Christine Boutin, Pierre Castagnou, président de la RIVP, se veut en effet intransigeant et transparent. Dans un entretien au Parisien daté de samedi, il annonce une "opération vérité" commanditée par Bertrand Delanoë.

La situation locative de Jean-Pierre Chevènement va être examinée de près par la Ville de Paris. (Maxppp)
"Nous sommes décidés à porter certaines affaires devant les tribunaux s'il le faut." Pierre Castagnou, président de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RVIP) part en croisade contre les locataires des appartements de standing à loyer modéré de la capitale. A partir de lundi, le maire socialiste du XIVe arrondissement de Paris va en effet "examiner de très près la situation des 315 logements de standings que possède la RIVP". Et en cas de fraude avérée, des sanctions seront prises.
Pointé du doigt par Le Canard Enchaîné, Jean-Jacques Bolufer, ancien directeur adjoint de cabinet de Christine Boutin, avait été contraint de démissionner après la révélation du journal satirique. Il sous louait en effet à une autre famille son appartement de 190m carré au 81 boulevard de Port-Royal, dont il avait obtenu le bail locatif en tant qu'ancien directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac version maire de Paris. Un cas de figure que veut définitivement proscrire Castagnou: "Ceux qui ont procédé à des sous-locations, comme Jean-Paul Bolufer, seront poursuivis", explique-t-il dans Le Parisien.
Des proches de Chirac pointés du doigt
Et Bolufer n'est pas le seul dans le viseur du patron de la RVIP. Les 315 locataires des appartements concernés vont en effet devoir se justifier: "On écoutera les arguments des uns et des autres, mais si la situation est non conforme, nous mettrons fin à ces baux, dans le respect du droit", avertit Castagnou. Dans un deuxième temps, les loyers faibles seront augmentés à l'expiration des baux car "leur montant est nettement moins élevé que le prix du marché", argumente-t-il, prenant pour exemple le cas de Bolufer qui payait un loyer de "1200 euros hors charges contre 3500 en moyenne dans le quartier." L'ancien collaborateur de la ministre du Logement n'est d'ailleurs pas le seul à jouir des avantages de la Mairie de paris. Dans le même immeuble vivent en effet Alain Orhel, ancien préfet dans le Nord-Pas-de-Calais, Henri-Michel Commet, actuel préfet de Picardie et ancien conseiller de Villepin à Matignon, ou Michel Lalande, secrétaire général de la Préfecture de Paris. Des hauts fonctionnaires qui reconnaissent bénéficier d'avantages, mais qui ne veulent pas pour autant y mettre fin car "on ne va quand même pas nous empêcher de vieillir dans nos murs", explique, Alain Oher, qui occupe son logement "depuis des dizaines d'années".
Autre homme politique dans l'oeil du cyclone: Jean-Pierre Chevènement. "Sa situation dans ce dossier nous paraît délicate", avance l'élu socialiste car "il est à la fois locataire d'un appartement à loyer livre de la RIVP, et en même temps locataire d'un logement social à Belfort." Après examen de sa situation, l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin pourrait voir ses baux résiliés.
Tancé par l'UMP qui lui reproche son laxisme sur ce sujet délicat, Bertrand Delanoë, maire de Paris en campagne pour sa réélection, a trouvé une parade. La situation lui préexistant, il estime en effet que les personnes à blâmer sont à chercher du côté de ses prédécesseurs: "Les anciens responsables de la Société anonyme de gestion immobilière (Sagi) et de la RVIP, qui étaient des proches de Jacques Chirac, ont fait traîner les choses en refusant les propositions que nous leur faisions pour racheter des actions", confirme Pierre Castagnou, qui précise qu'"il s'agissait manifestement d'empêcher la Ville de prendre connaissance d'un certain nombre de situations."
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