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L'Etat met l'armée au régime

Publié le 24 juillet 2008 à 10h44 par

François Fillon a dévoilé jeudi matin la nouvelle carte militaire, qu'il a présentée comme un "réforme difficile". L'armée va perdre quelques 54000 hommes, quelque 83 régiments vont être supprimés, des collectivités vont être durement touchées mais le Premier ministre a exhorté les élus locaux à "prendre en compte l'intérêt général" et promis 320 millions d'euros d'aides.

Fillon a mis en avant plusieurs fois 'l'intérêt général' pour justifier la réforme. - Reuters
Fillon a mis en avant plusieurs fois 'l'intérêt général' pour justifier la réforme. (Reuters)


Visiblement diminué par sa sciatique, François Fillon n'a pas faibli à l'heure d'annoncer la nouvelle carte militaire, et ses coupes claires parmi les régiments. Evoquant "le pacte sacré", qui veut que "la stratégie commande l'organisation de la défense" et non l'inverse, le chef du gouvernement a assumé une "réforme difficile", préparée en liaison avec l'Elysée et Hervé Morin, le ministre de la Défense. Une réforme nécessaire, a-t-il dit, pour s'adapter "aux nouvelles menaces" comme "le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, le fondamentalisme religieux". "Le continent européen est devenu la zone la plus stable du monde (...) Nous ne sommes pas dans un monde plus dangereux, même s'il est moins stable", a-t-il continué.

"On a moins besoin de chars Leclerc, d'artillerie lourde, mais plus besoin de renseignements, de projection de forces plus légères, plus réactives", a-t-il témoigné. D'où la suppression de 54 000 postes, annoncée par Nicolas Sarkozy en juin et confirmée par son chef de gouvernement. Au terme de la réforme, a précisé François Fillon, l'armée de terre comptera 131000 hommes, l'armée de l'air 50000, la marine 44000. "L'armée de terre aura perdu 20 régiments et bataillons, l'armée de l'air 11 bases aériennes et la marine une base aéronavale", a-t-il dit. Quatre-vingt-trois unités militaires, comprenant des régiments, des centres d'instruction, des services logistiques ou encore des bases aériennes seront fermées à partir de 2009.

"Les chefs doivent faire des choix"

Les effectifs seront resserrés autour des "bases de défenses", autour de 85 et 90 sur le territoire d'ici à 2014. Ce concept "extrêmement novateur" consiste à regrouper des "moyens opérationnels différents" autour d'un "même dispositif logistique". L'objectif est de faire baisser "les coûts de soutien", qui aujourd'hui représentent selon le Premier ministre 60 pour les opérations. Soit l'inverse de l'armée britannique, citée à plusieurs reprises en exemple. Lorsque la réforme sera menée à son terme, ce sont au moins deux milliards d'euros par an qui devraient être récupérés, a estimé le Premier ministre. Onez de ces bases de défens seront créées dès 2009: dix en métropole (Avord, Brest, Clermont-Ferrand, Creil, La Valbonne, Laudun, Marseille, Nancy, Rennes et Valence) et une à Djibouti. Cette réforme, a souligné Fillon, permettra à la France de "rester parmi les quatre grandes puissance militaires du monde".

Le Premier ministre a également insisté sur la difficulté des choix engagés pour de nombreuses communes qui perdront leur bataillon, mais "les chefs doivent faire des choix", a-t-il martelé. Et s'il a loué la réforme de professionnalisation de l'armée, il a souligné qu'elle "n'a pas été menée à son terme, à cause de problème liés à l'aménagement du territoire, et d'un manque de courage pour décider". Une pierre dans le jardin, déjà garni, de Jacques Chirac, aux manettes lors de cette réforme.

"Le rôle de l'armée n'est pas l'aménagement du territoire mais la sécurité des Français"

Si l'Etat a entendu les plaintes des maires, des députés, des sénateurs qui vont perdre un régiment ou un bataillon, le Premier ministre ne se laisse pas amadouer: "Je veux dire sans détour que le rôle de l'armée n'est pas l'aménagement du territoire mais la sécurité des français. Je veux dire aux élus locaux qu'ils sont aussi des citoyens qui doivent faire la différence entre l'intérêt général et l'intérêt local."

François Fillon n'oublie pas le rôle économique et social des régiments, dont les soldats et leurs familles permettaient de faire vivre toute une ville, notamment, a-t-il reconnu dans "le quart nord-est de la France". Là, a-t-il promis, l'Etat fera en sorte que toutes les réformes engagées sur différents fronts ne "tombent" pas en même temps. Comme annoncée, une enveloppe de 320 millions d'euros est allouée aux communes "les plus touchées par les restructurations". "Les trente sites les plus touchés signeront un contrat de reconversion", les entreprises seront incitées financièrement à investir des ces zones, et François Fillon a expliqué que la France ferait appel à l'Union européenne pour aider les territoires touchés. Par ailleurs, 5000 postes de fonctionnaires d'administrations parisiennes seront transférés d'ici 2012 vers les communes concernées par les restructurations militaires.

Ceci étant dit, malgré ce discours de fermeté, de nombreuses villes, à l'image de Dieuze, ont déjà obtenu des compensations. Ainsi la cité mosellane voit partir son régiment de parachutistes mais une école militaire, qui comprendrait plus d'un millier de militaires et 350 formateurs, doit y être ouverte dans l'intervalle...

Pour mieux comprendre la nouvelle carte militaire, l'animation:






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Commentaires (1)

Barbara | il y a 6 mois Signaler un abus Signaler un abus

En espérant qu'on se fasse pas attaquer....par des terroristes !

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