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La prime transport validée mais critiquée

Publié le 16 septembre 2008 à 16h03 par Laura ADDA

La prime transport, annoncée le 12 juin par le Premier ministre, devrait bientôt voir le jour. Les employeurs pourront désormais verser une aide annuelle de 200 euros, facultative et exonérée de charges, à leurs salariés, ou prendre en charge 50% des abonnements de transport collectif. Mais cette mesure prise pour contrer la baisse du pouvoir d'achat n'est pas du goût du patronat... ni des syndicats.

Pour pallier la hausse des prix du carburant, la prime transport va bientôt voir le jour. - Maxppp
Pour pallier la hausse des prix du carburant, la prime transport va bientôt voir le jour. (Maxppp)


La position de Laurence Parisot, patronne des patrons, est claire: la prime transport est une "aberration". Lors de sa conférence de presse de rentrée, elle a déclaré qu'"il y a beaucoup de paradoxes et d'anomalies dans de telles propositions". Elle a alors invoqué l'argument écologique: "Tout d'abord, c'est très étrange de financer l'essence aujourd'hui. On ne peut pas avoir le discours de Jean-Louis Borloo dans le cadre du Grenelle de l'environnement et inventer un dispositif particulier de financement de l'essence", s'est-elle expliquée. Mais ce sont davantage des considérations économiques qui alimentent son argumentation. Elle a ainsi expliqué que le remboursement de la "carte orange", en région parisienne, était justifié par des coûts de déplacement plus élevés que la moyenne française. Et de conclure: "Je souhaite qu'à tout le moins un système purement facultatif soit imaginé".

De leur côté, les syndicats, et notamment Force ouvrière, affichent également leurs inquiétudes. A commencer par le caractère non contraignant de la mesure: cela "aboutira à des inégalités de traitement entre les salariés", a estimé FO dans un communiqué. Le syndicat juge par ailleurs qu'une aide forfaitaire de 200 euros est insuffisante. Si le Premier ministre avait donné jusqu'au 15 septembre aux différents acteurs concernés pour lui formuler leurs propositions, aucun compromis n'a pour l'instant été trouvé. Une réunion est prévue jeudi à Matignon, sur la base du texte gouvernemental, pour tenter d'aboutir à un consensus et d'arrêter une formule commune. Eric Woerth a prévenu: "On essaie de passer par la voie de la concertation. Si elle ne fonctionne pas, j'imagine qu'on passera par la loi".


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