Ajax-loader-form

Le laser contre le cancer

Publié le 30 août 2008 à 12h27 par Vivien VERGNAUD

Grande première médicale en France. Une équipe de chirurgiens de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a réussi à détruire des tumeurs métastasiques du cerveau grâce au laser et à des IRM. Avec cette technique innovante, les patients restent conscients, ne ressentent rien au cours de l'opération et ne souffrent d'aucune complication après l'intervention. Cette technique suscite de grands espoirs.

C'est la première fois que l'imagerie par résonnance magnétique  est utilisée pour guider une opération au laser du cerveau. (Maxppp) - IRM
C'est la première fois que l'imagerie par résonnance magnétique est utilisée pour guider une opération au laser du cerveau. (Maxppp) (IRM)


C'est une première mondiale et surtout un énorme espoir pour de nombreux malades. Une équipe de neurochirurgiens, radiologues et anesthésistes de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) a révélé vendredi avoir réussi à détruire au laser des tumeurs métastasiques du cerveau chez des patients restés conscients. C'est ce qu'explique le quotidien Le Monde dans son édition de samedi, après la publication d'un article dans la revue américaine Neurochirurgy. Les malades soignés étaient tous atteints de différents types de cancer (sein et poumon notamment) et souffraient de métastases: des cellules tumorales malignes qui ont migré par le sang vers leurs cerveaux. Chez les personnes prises en charge par l'équipe du professeur Alexandre Carpentier, ces métastases étaient résistantes à toutes formes de traitements et l'espérance de vie des patients ne dépassait pas trois mois.

L'opération dure trois minutes

Les tumeurs cérébrales s'opèrent habituellement par le biais d'une chirurgie lourde, après ouverture de la boite crânienne. Ici, l'équipe de chirurgiens a choisi une technique beaucoup moins invasive. Pour ces essais cliniques, les médecins localisent en premier lieu la tumeur grâce à une IRM (imagerie par résonnance magnétique). Puis, ils percent, sous anesthésie locale, un trou de seulement 3 mm dans le crâne. L'équipe introduit ensuite par cet orifice une fibre optique, équipée d'un laser, jusqu'à la tumeur visée. Les ordinateurs s'activent et des simulations sont lancées. Puis l'équipe entre dans le vif du sujet. Le laser est activé sur les cellules tumorales, il les échauffe et les tue. Le traitement dure entre deux et trois minutes, un laps de temps pendant lequel le patient est éveillé et surtout totalement conscient, sans jamais rien ressentir.

L'ensemble de l'opération est surveillée en temps réel par des séquences d'images IRM. La température des tissus tumoraux et de ceux qui sont sains est sans cesse contrôlée et les ordinateurs modulent l'énergie délivrée par le laser grâce à ces données. C'est la première fois que la technologie du laser est utilisée en pleine intervention avec un système d'IRM en temps réel. Une fois l'opération terminée, la fibre optique est retirée et le malade peut quitter l'hôpital le soir même. Le laser, sans cesse "refroidi", n'atteint pas les tissus sains. On ne décèle donc pas après l'intervention la formation d'un oedème cérébrale et les personnes soignées sortent sans complication due à l'opération (comme des crises d'épilepsie par exemple).

Pas assez de fonds institutionnels

L'essai clinique, réalisé sous l'égide de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), a été limité par l'organisme d'Etat à 15 patients et est aujourd'hui clos. Neuf traitements partiels et six totaux ont été délivrés. Dans ce dernier cas, cinq des six personnes n'ont pas présenté de signes de récidives durant une période moyenne de neuf mois, précise le quotidien. Mais les données doivent encore être étudiées et le temps démontrera l'efficacité de ce nouveau traitement.

Les espoirs sont immenses: environ un cinquième des personnes qui décèdent d'un cancer présentent des signes de métastases cérébrales. De plus, les types de cancers qui ont le plus tendance à provoquer des cellules métastasiques sont bien souvent les cancers ayant le plus d'incidence. Par exemple, 45 des cas, le cancer à l'origine des métastases n'est pas retrouvé. Le cancer demeure la première cause de mortalité en France.

Désormais, pour l'équipe du docteur Alexandre Carpentier, il faut penser à l'avenir. Sa technologie est révolutionnaire et il souhaite développer un ambitieux programme de recherche sur ce thème. Malheureusement, les fonds institutionnels ne sont pas suffisants. L'équipe de la Pitié-Salpêtrière a besoin d'environ deux millions d'euros pour continuer à améliorer le traitement des tumeurs cérébrales.


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.