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"Le maillon faible se trouve à l'Elysée"

Publié le 20 novembre 2007 à 18h00 par

Alors que les buralistes font pression sur le gouvernement pour obtenir des aménagements sur l'interdiction de fumer dans les lieux de convivialité, les antitabac cherchent à empêcher toute reculade de l'exécutif. Ils rappellent que chaque année, 70 000 personnes meurent des suites d'une maladie liée à la cigarette. De nouvelles campagnes de prévention sont en route.

Le 1er janvier 2008, la cigarette sera interdite dans les lieux de convivialité. - Reuters
Le 1er janvier 2008, la cigarette sera interdite dans les lieux de convivialité. (Reuters)
Alors que les buralistes font pression sur le gouvernement pour obtenir des aménagements sur l'interdiction de fumer dans les lieux de convivialité, les antitabac cherchent à empêcher toute reculade de l'exécutif. Ils rappellent que chaque année, 70 000 personnes meurent des suites d'une maladie liée à la cigarette. De nouvelles campagnes de prévention sont en route.

Ils essaient de se convaincre qu'il s'agit d'un "baroud d'honneur" des buralistes, d'un "rideau de fumée" de certains députés. Mais on sait aussi que, dans cette dernière ligne droite, la partie n'est pas gagnée. "C'est un combat entre la protection de la santé pour tous et l'argent sale de l'industrie du tabac !" s'indigne le professeur Albert Hirsch, vice-président de la Ligue nationale contre le cancer et de l'Alliance contre le tabac, qui dénonce en vrac les buralistes "dont le chiffre d'affaires n'a jamais été aussi haut" et "ces députés perdus dans un combat d'arrière-garde".

Rappelant que le tabac est la première cause de mortalité évitable avec 70.000 morts par an, dont 6.000 victimes du tabagisme passif, le pneumologue ne cache pas une certaine inquiétude. "On sait que le maillon faible se trouve à l'Elysée", lâche-t-il. Dans une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy fin septembre, la Ligue contre le cancer lui a demandé de bien vouloir lui confirmer l'application totale de l'interdiction de fumer à compter du 1er janvier 2008. La réponse du cabinet, un mois plus tard, a beau lui avoir "donné quelques assurances", le professeur Hirsch n'est pas totalement rassuré. Tout comme l'association Droits des non-fumeurs (DNF) qui, cette semaine encore, incite les Français à interpeller le président de la République en lui adressant une lettre type pour "faire taire les rumeurs de dérogations ou de tolérances".

En attendant une réponse claire, les antitabac peaufinent leur plan de bataille, avec notamment des campagnes de publicité à partir du 1er décembre. Surtout, ils mettent en garde : "S'il devait y avoir des aménagements ou un report de ce dispositif après les municipales, la Ligue contre le cancer n'hésitera pas à attaquer, prévient le professeur Hirsch. La menace de responsabilité pénale existe. Après le 1er janvier 2008, les morts du tabac seront les morts de l'Etat !"

Faisant référence à un arrêt de la Cour de cassation de juin 2005, qui établit pour la première fois une obligation de protection des salariés contre la fumée des autres, Albert Hirsch menace aussi tous ceux qui passeraient outre une interdiction totale. Un argument juridique qui a eu raison d'André Daguin, le président du syndicat des cafetiers, restaurateurs et exploitants de discothèques : "Nous ne pouvons pas prendre le risque que le tabac devienne l'amiante de notre profession."


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