Les mots de la grève
Publié le 14 novembre 2007 à 21h53 par
Alors que les militants ont du mal à comprendre la volte-face de la direction de la CGT, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affirme que la "lettre de méthode" du ministre du Travail comporte les éléments susceptibles de permettre la suspension de la grève. Nicolas Sarkozy a estimé quant à lui que le conflit devait s'arrêter le plus rapidement possible.

François Chérèque estime que les éléments sont réunis pour suspendre la grève. (Maxppp)
Des mots pour soigner les maux? C'est peut-être la solution trouvée par le gouvernement pour apaiser la grogne sociale et trouver une issue rapide au mouvement de grève qui s'est emparé des transports et de l'énergie, mercredi. Même si plusieurs syndicats de cheminots et des transports publics ont voté la reconduction de la grève jeudi, la "lettre de méthode" envoyée par Xavier Bertrand, le ministre du Travail, aux différents syndicats, semble contenir les germes d'une sortie de crise. Dans cette lettre, envoyée aux dirigeants de la CGT, la CFDT, la Fgaac, l'Unsa, Force ouvrière, la CFTC et la CFE-CGC, Xavier Bertrand écrit que "l'objectif d'un mois de négociation dans l'entreprise peut être retenu. A l'issue de ce délai, les textes réglementaires relatifs à la réforme des différents régimes spéciaux seront rendus publics, puis publiés."
Alors que la CGT a accepté le principe de réunions tripartites (syndicats/gouvernement/direction) par entreprise pour chaque régime spécial, le gouvernement a décidé de fixer un cadre précis aux négociations. "Nous avons décidé avec le président de la République de demander à Xavier Bertrand d'envoyer à toutes les organisations syndicales une lettre qui fixe le cadre des négociations d'entreprise", a déclaré le Premier ministre à l'Assemblée nationale. "Cette démarche a deux objectifs immédiats. Faire cesser une grève qui n'est pas utile, qui n'aboutira pas à des résultats pour qui que ce soit et qui gêne des millions de Français. Deuxièmement, développer dans les entreprises la négociation qui est désormais souhaitée par tous les salariés", a poursuivi François Fillon.
Chérèque: "On pourra toujours reprendre la grève"
Mais la volte-face de la CGT, qui posait jusque là comme préalable aux négociations une réunion tripartite globale, a plongé quelques militants de la base dans l'incompréhension. Certains envisagent de se rapprocher de Sud Rail, un syndicat de cheminots plus "dur" et qui n'a pas été reçu par le ministre du Travail. Quelques militants cégétistes s'estiment lésés et accusent la direction de vouloir se transformer un syndicat progressiste et réformateur, façon CFDT.
François Chérèque, a par ailleurs estimé mercredi soir sur France 3 que la lettre envoyée par Xavier Bertrand aux directions syndicales permettait d'envisager une suspension de la grève. "Moi qui ai connaissance ce soir de toutes ces informations, je dis que nous avons les éléments pour pouvoir suspendre la grève à la SNCF", a estimé le secrétaire général de la CFDT. "S'il y a un problème on pourra toujours la reprendre un autre jour", a-t-il ajouté, en précisant cependant qu'il fallait "que les cheminots s'approprient ces informations et décident eux de ce qu'ils vont faire".
Nicolas Sarkozy, quant à lui, a lancé mercredi soir un appel à la fin du mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, au soir d'une nouvelle journée de grèves. "Le président de la République a toujours considéré qu'il y avait plus à gagner pour toutes les parties dans la négociation que dans le conflit. Ce dernier doit s'arrêter le plus vite possible dans l'intérêt des usagers", a déclaré le porte-parole de l'Elysée.
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