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Les pêcheurs contre le gazole cher

Publié le 03 novembre 2007 à 12h22 par

Les marins-pêcheurs bretons, en grève depuis vendredi, entendent durcir leur mouvement de protestation contre la hausse du prix du gazole. Samedi matin, ils ont bloqué le port du Havre, retardant le départ de la Transat Jacques Vabre. Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a annoncé qu'il recevrait les pêcheurs la semaine prochaine.

Les embarcations des marins de Guilvinec sont à quai depuis vendredi. - Maxppp
Les embarcations des marins de Guilvinec sont à quai depuis vendredi. (Maxppp)
Les marins-pêcheurs bretons, en grève depuis vendredi, entendent durcir leur mouvement de protestation contre la hausse du prix du gazole. Samedi matin, ils ont bloqué le port du Havre, retardant le départ de la Transat Jacques Vabre. Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a annoncé qu'il recevrait les pêcheurs la semaine prochaine.

Ras-le-bol général chez les marins-pêcheurs bretons. En grève depuis vendredi matin, les pêcheurs du quartier maritime de Guilvinec, qui, avec ses quatre ports (Le Guilvinec, Loctudy, Saint-Guénolé-Penmarc'h et Plobannalec-Lesconil), est le premier port de pêche artisanal français, protestent contre la hausse du prix du gazole.

Samedi matin, une dizaine de bateaux a bloqué pendant plus d'une heure la sortie du port du Havre, perturbant ainsi le départ de la Transat Jacques Vabre. Les monocoques, qui doivent rallier Salvador de Bahia au Brésil, n'ont pu quitter la zone portuaire qu'après 10h30. Le départ de la course, initialement prévu à 13 heures, a finalement été donné à 14 heures. Des opérations escargot ont également été mises en place. D'importants ralentissements ont ainsi été provoqués sur les axes routiers Quimper-Brest et Quimper-Lorient. Vendredi après-midi, les marins-pêcheurs de Guilvinec avaient mis le feu à un vieux chalutier en bois, situé à l'entrée de la ville de Pont-L'Abbé (Finistère).

Et le mouvement pourrait bien se durcir, faute de propositions concrètes du gouvernement. Mardi dernier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 25,5 millions d'euros pour des sorties de flotte des bateaux et des reports de cotisations patronales. Des aides qualifiées de "mesurettes" par les pêcheurs bretons. Ces derniers réclament notamment la mise en place d'un mécanisme de compensation de la hausse du gazole, qui pourrait prendre la forme d'une TVA sociale. Il s'agirait par exemple d'augmenter d'un ou deux points la TVA sur le poisson à l'étal.

"Mettre le feu partout"

Vendredi après-midi, les marins ont exigé de leur ministre, Michel Barnier, qu'il se rendre à Quimper lundi, afin de leur présenter un plan de sortie de crise. "Si Michel Barnier n'est pas là lundi pour parler aux pêcheurs, moi, Robert Bouguéon, président du comité local des pêches du Guilvinec, je ne réponds plus de rien", déclarait ce pêcheur. Mais c'était sans compter l'agenda chargé du ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Dans la soirée de vendredi, Michel Barnier a fait savoir qu'il n'avait "pas prévu" de se rendre en Bretagne lundi, ayant un déplacement officiel à Budapest ce jour-là. "Tant pis pour lui. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités. Si rien ne se passe d'ici lundi, ça risque de mettre le feu partout", a réagi Robert Bouguéon. La grève fait d'ores et déjà tâche d'huile. Alors que samedi une réunion générale était organisée entre des marins venus de toute la France, plusieurs ports de l'Atlantique – Concarneau, La Turballe, Lorient – ont d'ores et déjà rejoint le mouvement.

Souhaitant calmer le jeu, le ministre de la Pêche a assuré aux grévistes qu'ils seraient reçus la semaine prochaine rue de Varenne. "Michel Barnier, conscient des difficultés structurelles et conjoncturelles rencontrées par les pêcheurs, a bien entendu leurs messages d'inquiétude", peut-on lire dans un communiqué diffusé samedi.

Le gazole représente la première dépense des marins pêcheurs. Premiers concernés, les bateaux du large – plus de 20 mètres -, qui consomment jusqu'à 30 à 45 tonnes de carburant par marée de 10 à 15 jours. La situation a empiré depuis 2006, date à laquelle un système de compensation des prix du gazole a été abandonné, car jugé incompatible avec la réglementation européenne. Problème, les patrons-pêcheurs subissent les hausses successives du prix du carburant de plein fouet, alors même qu'ils ne peuvent les répercuter sur leurs prix, le poisson étant vendu selon le système de la criée. Dans leur budget 2007, les pêcheurs ont tablé sur un gazole à 0,31 euro le litre. Or, il est aujourd'hui à 0,52 euro. Selon les patrons-pêcheurs, leur rémunération aurait baissé d'un tiers depuis le début de l'année. Le pire pourrait être à venir, le pétrole atteignant chaque jour de nouveaux records.


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