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Les pêcheurs détendent leurs filets

Publié le 24 mai 2008 à 16h38 par

Le port des Sables d'Olonne, le premier à avoir été touché par le blocage visant à protester contre la hausse des prix du pétrole, a repris le travail samedi. Ce retour à l'activité a été voté à une très large majorité par une soixantaine de marins-pêcheurs. Dans le reste du pays, la mobilisation continue. Plusieurs ports de l'Atlantique et de la Manche restaient en grève ce matin.

Un pêcheur mobilisé contre la hausse du gazole et des quotas, hier à Boulogne-sur-Mer. - Reuters
Un pêcheur mobilisé contre la hausse du gazole et des quotas, hier à Boulogne-sur-Mer. (Reuters)


C'est un délai d'un mois qui a été offert samedi matin à Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, par les pêcheurs des Sables d'Olonne réunis en assemblée pour voter le déblocage du port. "On n'arrête pas la grève, on la suspend", a prévenu d'emblée José Jouneau, président du comité local des pêches. "Si ça traîne un peu au niveau des aides" attendues en juin, "on remet la gomme", a-t-il poursuivi. Symbole de ce retour à la normale, le filin qui barrait l'entrée du port a été retiré peu avant 11h, permettant à quelques bateaux de plaisance de reprendre la mer et aux marins de repartir travailler.

La reprise des activités, là où la grogne était montée le 10 mai dernier, est une source de satisfaction au ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Et une conséquence directe des promesses avancées hier par Michel Barnier, venu rencontrer les grévistes à Rennes avec dans ses bagages un engagement écrit sur la pérennité d'un mécanisme d'"aide aux équipages". Cet accord permettrait de ramener de facto le coût du gazole à 0,40 euro le litre, au lieu de 0,75 actuellement. Le ministre a donc visé juste, reste à savoir si ses engagements ne finiront pas en monnaie de singe.



Les prémices d'une sortie de crise ne semblaient pourtant pas à l'ordre du jour hier. Michel Barnier avait annoncé tôt dans la journée la prolongation des aides au secteur "au-delà de six mois", sans pour autant être sûr que le plan du gouvernement proposé mercredi- 310 millions d'euros et une enveloppe spéciale de 40 millions d'euros - serait accepté par Bruxelles. Le Premier ministre a ensuite rapidement pris le relai, pour annoncer tout sourire le feu vert de la Commission européenne. Pourtant, en fin d'après-midi, la porte-parole du commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, a déclaré que le plan français n'avait pas été approuvé par l'exécutif européen.

Malgré quelques avancées, les pêcheurs restent toujours partagés sur la poursuite ou non de leur mouvement. Plusieurs ports de l'Atlantique et de la Manche restaient ainsi en grève samedi matin et certains, comme Saint-Malo, Cherbourg, La Rochelle, Saint-Brieuc et Saint-Quay-Portrieux étaient toujours bloqués, dans l'attente de réunions prévues dans les prochains jours. Les pêcheurs de La Rochelle poursuivaient par ailleurs ce matin le blocage de dépôts de carburant, tandis que ceux de la baie de Seine maintenaient un barrage devant la raffinerie Total du Havre.

A l'exception d'une opération "péage gratuit" sur l'autoroute près de Laval et d'une manifestation rassemblant une centaine de pêcheurs à Boulogne-sur-Mer, peu d'actions spectaculaires se sont déroulées aujourd'hui, à la différence des derniers jours. Aucune opération n'a été signalée à l'encontre de grandes surfaces. Mais, dans certains départements toujours fortement mobilisés comme le Calvados, des poissonneries sont restées fermées, faute d'approvisionnement ou de crainte de nouvelles actions des pêcheurs.


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