Les pêcheurs en désaccord
Publié le 26 mai 2008 à 18h14 par
Les blocages des ports se poursuivent chez les pêcheurs qui ont voté ce lundi à Boulogne-sur-Mer pour une reconduction du mouvement de grève de 48h après d'âpres discussions. En effet, certains d'entre eux commencent à vouloir reprendre la mer alors que leurs collègues tentent d'étendre la mobilisation aux autres pays européens.

Une cinquantaine de représentants a voté la grève pour 48h. (Reuters)
Ça tangue toujours du côté des pêcheurs. L'ensemble de la profession ne parvient pas à se mettre d'accord. Les partisans de la grève ont de nouveau voté le blocage des ports pour une durée de 48 heures. Réunis à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une cinquantaine de représentants de pêcheurs du Nord, de la Méditerranée et de Normandie se sont prononcés pour le blocage après avoir eu des échanges très vifs à huis-clos.
"Nous avons voté une grève reconductible pour tous avec quatre revendications: un prix du gazole à 0,40 centimes à la pompe et pas par un système d'aides, des quotas de pêche suffisants pour la survie des entreprises, un allègement total des charges pour le trimestre avril, mai, juin et la suppression totale des astreintes et amendes pour les pêcheurs", a déclaré Jean-Pierre Noël, responsable CFDT.
Les pêcheurs de La Rochelle (Charente-Maritime) ont de leur côté également décidé lors d'une assemblée générale de poursuivre leur mouvement de grève. Ils maintiennent les blocages du port de pêche et des dépôts pétroliers. "Nous avons décidé de maintenir le mouvement jusqu'à mercredi en attendant une réunion au niveau européen. Ce que nous voulons, c'est un gazole 'pêche' européen. D'ici là , nous maintenons les barrages", a indiqué Pascal Guénézan, un des porte-parole des pêcheurs.
Parmi les premiers à se lancer dans le mouvement le 14 mai dernier, les pêcheurs rochelais ont bloqué peu à peu les différents ports de La Rochelle et installé trois barrages depuis dimanche dernier pour empêcher les camions d'accéder aux dépôts pétroliers sur le port de La Rochelle-La Pallice.
D'autres pêcheurs sont pourtant favorables à un retour au travail et à la mer, après l'annonce la semaine dernière par le gouvernement de l'accélération d'un plan d'aide déjà programmé en janvier, avec 110 millions d'euros promis d'ici fin 2008, dont 40 pour compenser la hausse du prix du gazole. A Arcachon (Gironde), la reprise du travail a au contraire été votée mais sans pour autant que les marins ne reprennent la mer. Mais malgré ce vote, cinq à six chalutiers reliés par un câble d'acier ont commencé à bloquer le port d'Arcachon.
Les pêcheurs d'Etaples se sont aussi déclarés contre le blocus. Le président de la coopérative Bruno Margollé a affirmé se sentir "pris en otage par les fileyeurs qui bloquent le port". Les fileyeurs sont en effet les plus vindicatifs. Ils sont victime de la hausse du prix du pétrole mais aussi des restrictions des quotas de pêche aux cabillauds imposés par Bruxelles. Certains pêcheurs militent en effet pour une poursuite de l'action et l'extension des revendications à la question des quotas de pêche européens par espèces, reconduits en décembre par les exécutifs des pays de l'Union européenne, dont Paris.
Le mouvement commence d'ailleurs à faire tâche d'huile dans l'Union européenne. A Barcelone les 350 pêcheurs des ports catalans Rozas et Port de la Selva ont décidé de ne pas sortir en mer. Le reste de l'Espagne pourrait aussi être touché dans les jours à venir. Au Portugal, une grève est annoncée pour le 30 mai et en Belgique, plusieurs centaines de pêcheurs ont manifesté vendredi.
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