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Les pêcheurs mettent la pression

Publié le 19 mai 2008 à 17h13 par

A deux jours d'une réunion avec le gouvernement, les pêcheurs français ont durci le ton contre la hausse du prix du carburant. Certains ont décidé de bloquer de nombreux ports de l'Atlantique, de la Manche et de la Méditerranée, alors que d'autres ont observé une grève. Tous dénoncent une situation économique intenable, alors que le gouvernement cherche à rassurer.

Les pêcheurs en colère bloquent l'accés à de nombreux ports, comme ici près de La Rochelle. - Reuters
Les pêcheurs en colère bloquent l'accés à de nombreux ports, comme ici près de La Rochelle. (Reuters)


Plus aucun littoral français n'est désormais épargné par la grogne des pêcheurs. La semaine passée, un mouvement de contestation était parti de Charente-Maritime et de Vendée. Mais alors que la réunion prévue mercredi avec le gouvernement se rapproche, les pêcheurs, en colère contre la hausse très sensible du prix du carburant, ont décidé de mettre la pression. A La Rochelle, l'accès au quai est ainsi bloqué depuis une semaine. Lundi, des pêcheurs ont également fermé le terminal pétrolier de Lavera, dans les Bouches-du-Rhône, et les accès routiers du dépôt de carburant de Frontignan, près de Sète, dans l'Hérault, selon la gendarmerie. A Cherbourg, dans la Manche, les manifestants bloquent le port de plaisance "jusqu'à nouvel ordre".

D'autres ont préféré la grève, comme à l'île d'Yeu (Vendée), Le Croisic (Loire-Atlantique), ou l'île d'Oléron (Charente-Maritime). En Bretagne-Nord, trois des principaux armements de pêche de Bretagne-Nord (Porcher, Eouzan, Acarmor) représentant près d'une trentaine de navires côtiers et hauturiers ont décidé pour leur part de faire rentrer leurs navires à quai. "A chaque fois qu'un bateau part en mer, on perd entre 3000 et 5000 euros par semaine. Alors grève ou pas grève, de toute façon, économiquement, on est obligé de stopper. Et pour repartir, on ne se contentera pas de promesses", prévient Emile Eouzan, qui dirige l'armement du même nom.



Si la forme, grève ou blocage, diffère, le fond de la contestation est le même sur tous les littoraux français. Le message des pêcheurs est clair: avec un prix du gazole si élevé, leur activité n'est tout simplement pas viable. "Avec ce carburant trop cher, c'est la mort de la pêche", a déclaré Daniel Lefèvre, président du comité régional des pêches de Basse-Normandie. Et le plan promis par Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, n'a pas eu les résultats escomptés, loin s'en faut. Ce plan pluriannuel de développement durable doté de 310 millions d'euros sur trois ans aurait tout juste suffi à compenser la hausse des prix depuis le début de l'année, et n'aurait donc rien changé.

Les pêcheurs veulent plus, donc. Mais le gouvernement estime avoir déjà fait beaucoup. "Quand une profession souffre, l'Etat français en général joue son rôle," a assuré Eric Woerth, le ministre du Budget, sur RMC-Info/BFM-TV. Nous avons déjà beaucoup fait sur le plan du pétrole, du gasoil des bateaux. (...) Nous avons également beaucoup fait sur le plan des cotisations, de réduction de cotisations sociales pour les marins-pêcheurs." Michel Barnier, de son côté, assure toujours se battre au niveau européen pour que son plan pluriannuel soit accepté. Le ministre de la Pêche a précisé qu'il prendrait lundi, lors du conseil des ministres européens de l'Agriculture à Bruxelles, "les derniers contacts nécessaires à l'approbation de ce plan par les autorités communautaires. (...) Nous travaillons avec eux pour voir comment on pourrait utiliser plus rapidement et plus intensivement ces outils." Tous les acteurs de cette crise attendent désormais la réunion de mercredi pour trouver des solutions. Pour que la pêche française sorte la tête de l'eau.


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