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Les pêcheurs ne lâchent pas prise

Publié le 04 novembre 2007 à 15h18 par

Réunis dimanche matin, les marins-pêcheurs bretons ont décidé de poursuivre leur mouvement de protestation contre la hausse des prix des carburants. Ils ont rejeté la proposition de leur ministre, Michel Barnier, de les recevoir à Paris, et souhaitent que celui-ci les rencontre sur le terrain. Ils demandent un mécanisme de compensation, plutôt qu'une enveloppe.

Les marins-pêcheurs sont décidés à durcir leur mouvement. - Maxppp
Les marins-pêcheurs sont décidés à durcir leur mouvement. (Maxppp)
Réunis dimanche matin, les marins-pêcheurs bretons ont décidé de poursuivre leur mouvement de protestation contre la hausse des prix des carburants. Ils ont rejeté la proposition de leur ministre, Michel Barnier, de les recevoir à Paris, et souhaitent que celui-ci les rencontre sur le terrain. Ils demandent un mécanisme de compensation, plutôt qu'une enveloppe.

La colère des marins-pêcheurs bretons est à l'image de cet or qui flambe et grève leur budget: noire. Réunis dimanche matin pour déterminer des suites à donner à leur mouvement de protestation contre la hausse des prix des carburants, les manifestants ont décidé de poursuivre leurs actions lundi. Après avoir provoqué d'importants blocages dans les ports alentours, notamment au Havre, ils entendent s'attaquer aux dépôts de carburant. Ils ont ainsi annoncé le "filtrage" de dépôts pétroliers "un peu partout en France" dès lundi matin.

Les pêcheurs réclament un mécanisme de compensation de la hausse des prix du gazole, et ne se contentent pas de l'enveloppe de 25 millions d'euros promise par le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier. Leurs revendications portent davantage sur un système pérenne, qui comprendrait une hausse de la TVA sur le prix du poisson vendu sous criée et le poisson d'importation, ainsi qu'une exonération des charges portuaires. Fin 2006, un système de compensation des prix du gazole a été abandonné après que l'Union européenne l'eut jugé incompatible avec les règles de la concurrence communautaire. Le prix du gazole atteint 51 centimes le litre, alors que les budgets tablaient sur 0,31 euros, une différence énorme pour un produit qui représente 20 de leur budget.

"Nous n'allons pas nous déplacer à Paris pour rien"

Dimanche après-midi, le ministère de l'Agriculture et de la Pêche a proposé la tenue d'une réunion mercredi à Paris. Doivent se retrouver, selon le communiqué de la rue de Varenne, "les présidents des comités régionaux, accompagnés des interlocuteurs locaux les plus concernés, autour du président du Comité national des pêches [CNPMEM] ", Pierre-Georges Dachicourt.

"C'est exactement ce qu'on refuse", a réagi le porte-parole des pêcheurs en grève, Philippe Le Moigne, lors d'un entretien accordé à Associated Press. Les grévistes estiment en effet que le CNPMEM, qui n'a pas appelé à la grève, est "disqualifié pour parler en (leur) nom". Les marins-pêcheurs souhaitent exposer leurs demandes sur leur terrain. "On veut que Michel Barnier descende dans un port du littoral et rencontre des représentants du comité de crise avec des propositions concrètes, sinon les actions monteront en puissance", a prévenu Dominique Faou, l'un des porte-parole du mouvement. "Nous n'allons pas nous déplacer à Paris pour rien. On ne veut pas d'annonce de plans de casse qui passeraient de 25 millions d'euros à 50 millions, ni vivre de subventions", a-t-il ajouté. Le mouvement, parti du Guilvinec vendredi, s'est entendu aux ports de Lorient, Concarneau, La Turballe et Le Croisic. Et si la mobilisation est aussi forte qu'annoncée, il pourrait paralyser les rades de la France entière.


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