Lycéens: La province en relais
Publié le 22 avril 2008 à 17h09 par
De longues semaines durant, les lycéens franciliens ont mené la bataille dans la rue contre les suppressions de postes dans l'Education nationale. Aujourd'hui en vacances, ils sont relayés par leurs camarades de province, de retour de congés. La mobilisation ne faiblit pas parmi les élèves, notamment à Strasbourg, où ils étaient 2000 à défiler.

Les lycéens d'une dizaine d'académies de province ont pris le relais. (Maxppp)
"Lycéens, en colère, y'en a marre de la galère", "A ceux qui veulent supprimer des postes, les jeunes répondent résistance". Ces slogans, entonnés les semaines précédentes dans les rues parisiennes sont désormais clamés au quatre coins de la France. Deux mille à Strasbourg, deux mille à Toulon, mille à Tours, au moins autant à Lille, selon les syndicats lycéens: les manifestants ne désarment pas et continuent de défiler contre les 11 200 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale à la rentrée 2008.
La démonstration de force était cruciale pour les protestataires, qui veulent prouver que leur mouvement, fort surtout en région parisienne, peut passer le cap des congés de printemps, souvent fatals à de tels mouvements. Il s'agissait donc de prendre le relais des lycéens parisiens, en vacances depuis vendredi pour quinze jours. Les principaux syndicats lycéens ont appelé une douzaine d'académies de province à manifester. Si les chiffres ne sont pas a priori exceptionnels, l'Union nationale des lycéens (UNL), s'est félicité dans un communiqué que "les lycéens de province sont bien présents et déterminés à prolonger le mouvement lycéen, montrant par là le danger qu'il y aurait pour le gouvernement à continuer de nier l'importance de la mobilisation".
Nouvelle journée de mobilisation jeudi
Malgré tout, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a réaffirmé lundi qu'il n'entendait pas revenir sur les suppressions de postes. Mardi, il a estimé que le mouvement était "modeste", au sortir d'une réunion à Matignon avec des recteurs. Il s'est même permis une petite pique à l'égard des manifestants: "Nous sommes le seul pays au monde où les lycéens font grève tous les 15 mois en répétant des slogans fort surannés que les syndicats nous répètent depuis 30 ans." De son côté, François Fillon a insisté sur leur "rôle décisif" dans "l'explication des réformes en cours", dans un communiqué. Le texte cite la suppression du samedi matin, le soutien individualisé, la réforme des programmes du primaire et l'accompagnement éducatif, sportif et culturel.
Face à cette fermeté affichée, une nouvelle journée de mobilisation est d'ores et déjà prévue jeudi. Les organisations lycéennes ont également décidé se joindre aux deux journées d'action, prévues à l'appel de 18 organisations du secteur de l'éducation, les 15 et 24 mai.
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