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Lycéens, profs: même combat

Publié le 27 mars 2008 à 22h08 par

Très disparate jusque là, le mouvement de contestation dans l'Education nationale s'est organisé. Jeudi, plus de 4000 lycéens ont défilé dans les rues de Paris pour manifester contre la suppression de plus de 11 000 postes d'enseignants à la rentrée 2008. Les syndicats lycéens, qui entendent maintenir la pression, ont d'ores et déjà annoncé une nouvelle mobilisation pour mardi prochain.

Les lycéens ont manifesté jeudi contre la suppression de postes d'enseignants. - Maxppp
Les lycéens ont manifesté jeudi contre la suppression de postes d'enseignants. (Maxppp)


"Elèves, profs, parents, tous ensemble". Chanté à tue-tête dans les rues de Paris, le slogan est forcément arrivé aux oreilles de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale. Après plusieurs semaines de mobilisation en ordre dispersé, les lycéens ont décidé de s'unir, jeudi, pour une grande manifestation au départ du jardin du Luxembourg, vers le ministère de l'Education nationale. Selon la police, 4000 d'entre eux étaient présents, 8000 selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). L'objet de la grogne, toujours le même depuis de nombreuses semaines: les 11 400 suppressions de postes d'enseignants prévue pour la rentrée 2008.

"Non, non, non aux suppressions de postes, lycéens en lutte contre la casse de l'Education." Derrière une bannière sans équivoque, les lycéens ont fait entendre leurs voix, ce jeudi. Le Vice-président de l'Union nationale lycéenne (UNL), Léo Moreau, a même estimé avoir "franchi un cran dans la mobilisation." Un constat vite réfuté par le rectorat, qui estime au contraire que le mouvement s'essouffle. Une guerre des chiffres qui n'empêchent pas les mécontents de continuer à croire en des jours meilleurs. La Fidl appelle ainsi à une nouvelle manifestation mardi prochain, et demande aux syndicats d'enseignants d'inciter leurs adhérents à rejoindre le mouvement.

Une nouvelle manifestation mardi prochain

De son côté, l'UNL ne dit pas autre chose et rejoint l'idée d'une nouvelle manifestation mardi "afin d'interpeller le gouvernement sur sa dangereuse politique éducative", avant d'annoncer que "l'UNL continuera donc la mobilisation et demande l'ouverture d'un véritable dialogue avec le gouvernement qui devra répondre aux questions des lycéens, notamment en ce qui concerne la réforme du Bac Pro et des moyens donnés à l'enseignement secondaire en général." Les deux syndicats lycéens ont également tenu à réfuter l'argument du rectorat selon lequel ils seraient instrumentalisés par leurs professeurs. Ces derniers ont confirmé les dires de leurs élèves.

Très éparse la semaine dernière – avec de nombreuses occupations anarchiques d'établissements -, la grogne des lycées de banlieues s'est quelque peu organisée ce jeudi, même si le rectorat affirme que le mouvement est à bout de souffle. Craignant des débordements, des forces de police étaient postés sur le chemin des cortèges, mais aucun incident n'est à déplorer. "Ces suppressions affectent principalement les lycées des banlieues qui, précisément, auraient le plus besoin d'effectifs", a expliqué Hannah Boisson, porte-parole de la Fidl. Un avis partagé par le monde éducatif. En sus des suppressions de postes, les lycéens manifestaient également contre la généralisation du bac professionnel en trois ans, contre quatre actuellement. Ils demandent donc un rendez-vous avec le ministre de l'Education nationale pour aborder toutes ces questions. Le dialogue s'annonce mouvementé.


Commentaires (1)

victoire | il y a 10 mois Signaler un abus Signaler un abus

Elle est vraiment belle cette union profs élèves, bravo à vous !

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