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Pêche: Paris doit revoir sa copie

Publié le 20 juillet 2008 à 16h36 par

Bruxelles reste sceptique sur le plan français d'aide à la pêche. Le commissaire européen Joe Borg a annoncé dimanche que les aides à la restructuration n'étaient pas acceptables en l'état. Paris doit donc revoir sa copie pour pouvoir apporter des subsides à des pêcheurs très revendicatifs sans sembler subventionner la filière. Michel Barnier devra jouer serré.

Joe Borg demande à la France d'adapter son plan. - Reuters
Joe Borg demande à la France d'adapter son plan. (Reuters)


Le feuilleton de la pêche n'est pas fini. Le commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, a annoncé dimanche dans un entretien à l'AFP que le plan français posait problème. La France devra donc réviser sa copie pour que ses mesures d'aides, présentées en janvier par Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, soient validées par la Commission. Sur les quatorze points du plan, un seul suscite les réticences de Bruxelles.

Si le "neuvième point est adapté pour le rendre compatible avec le paquet financier" européen, "cela pourrait être la solution pour avoir un feu vert (de la Commission) et pour obtenir la restructuration nécessaire de certains segments de la flotte française", a assuré Joe Borg à l'AFP. Du côté français, on se dit prêt à poursuivre les négociations. Un seul point discuté, mais un point central. Il s'agit en effet des aides à la restructuration de la filière et à la modernisation de la flotte.

Aide ou subvention?

Le gouvernement devra alors peaufiner son numéro d'équilibriste. Il s'agit d'une part, de rassurer les pêcheurs, pris à la gorge par la flambée du prix du carburant et d'autre part d'assurer Bruxelles que le plan ne vise pas à compenser cette hausse. Les professionnels de la mer réclament ainsi un litre de gazole à 50 centimes, contre 80 centimes sur le marché aujourd'hui. Bruxelles refuse ce qui peut être considéré comme une distorsion de la concurrence et un obstacle à la modernisation des bateaux en vue d'une moindre consommation. Avec son plan de 310 millions d'euros, la France compensent d'environ 27 centimes par litre l'inflation du carburant.

La Commission exige que le plan hexagonal s'inscrive dans celui adopté à l'échelle européenne la semaine dernière. L'Europe apporte ainsi 2 milliards d'euros, avec toujours comme condition la restructuration de la filière. La France va tenter de convaincre que son propre plan ne suit pas d'autres objectifs. Avec un prix de carburant qui a augmenté de 240% depuis 2002, les pêcheurs sont, eux, prêts à maintenir la pression sur le gouvernement. Michel Barnier devra ainsi jouer serré pour convaincre définitivement Bruxelles sans reculer sur les mesures annoncées. Dans un communiqué, il a confirmé qu'il intégrera dans son plan les nouvelles dispositions sur l'énergie, comme le lui demande le commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes.

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