Pensionnat de l'horreur à Jersey
Publié le 29 février 2008 à 16h16 par
Une enquête menée depuis le mois novembre au pensionnat du Haut-de-la-Garenne de l'île anglo-normande de Jersey révèle le passé morbide de cet établissement. Entre 1950 et 1980, de nombreux élèves y auraient subi des violences physiques et sexuelles dans des "salles de punitions" cachées dans des caves secrètes. Un crâne d'enfant et des objets corroborant cette thèse ont été retrouvés.

Des fouilles ont lieu dans un pensionnat de l'île de Jersey. (Reuters)
L'enquête menée depuis le mois de novembre dans un ancien orphelinat de l'île anglo-normande de Jersey semble confirmer une bien triste histoire. Durant plus de trente ans, des enfants auraient été maltraités physiquement et sexuellement dans des "salles de punitions" dissimulées dans des caves souterraines ne figurant pas sur les plans de l'établissement de Saint-Martin.
Depuis que les fouilles semblent appuyer cette thèse, les témoignages d'anciens élèves du pensionnat du Haut-de-la-Garenne se multiplient. Plus de 160 personnes se seraient confiées à la police, dont environ 70 ces derniers jours, selon la presse britannique. Elles avouent avoir été violentées dans ces mystérieuses salles où elles restaient parfois plusieurs jours avec comme seule alimentation les restes des autres élèves.
Pour l'heure, trois pièces de ce type ont été découvertes; et des médecins légistes, des anthropologues et des archéologues tâchent de faire la lumière sur le passé de cet ancien orphelinat devenu pensionnat pour enfant "difficiles" et reconverti depuis quelques années en auberge de jeunesse.
Une baignoire, des chaînes, un crâne
Lenny Harper, le policier en charge de l'enquête, a déclaré avoir mis la main jeudi sur des "objets que les témoins ont dit avoir vu dans cette pièce quand ils se faisaient maltraiter". "Ils aideront probablement à corroborer les récits que les victimes nous ont délivrés", a-t-il commenté sans toutefois préciser quels étaient ces "objets". Selon la presse britannique, il s'agirait notamment de chaînes. Le week-end dernier, une baignoire en béton mentionnée par les témoins avait déjà été retrouvée.
Samedi, un chien dressé pour retrouver des restes humains a permis de déterrer un crâne d'enfant. En entrant jeudi dans la troisième "salle de torture" - la dernière découverte à ce jour - il s'est mis à aboyer. Cette réaction "extrêmement forte" était selon Harper, similaire à celle qu'il a eue quand il a retrouvé le crâne d'enfant.
Les fouilles prendront certainement plusieurs semaines, selon lui, étant donné que les caves, qui étaient murées, sont couvertes de débris et de gravats, qu'il faut manipuler avec précaution.
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