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Phoenix on ice

Publié le 25 mai 2008 à 19h13 par

La sonde Phoenix devrait se poser dans la nuit de dimanche à lundi sur Mars. L'opération est particulièrement délicate sur une planète rouge où l'engin devrait atteindre les 1 400 °C. La mission a pour mission de savoir si les conditions martiennes sont propices au développement de la vie. La sonde devrait être la première à toucher de l'eau non terrestre.

Phoenix sera la première sonde à approcher un pôle martien. - Reuters
Phoenix sera la première sonde à approcher un pôle martien. (Reuters)


"Sept minutes de terreur": c'est ainsi que la Nasa qualifie l'arrivée de Phoenix sur la planète Mars. La nuit prochaine, vers 1 h 30 (heure de Paris), la sonde va en effet tenter d'"amarssir" en douceur. But de la mission? Savoir si l'environnement martien est favorable à la vie. "Il ne s'agit pas de détecter la présence d'éventuelles bactéries, mais de vérifier si la planète est habitable", insiste Francis Rocard, responsable du programme d'exploration du système solaire au Cnes (Centre national d'études spatiales). Au passage, Phoenix réalisera une série de premières. Première sonde à se poser à proximité d'un pôle martien, première à "toucher" de l'eau non terrestre, première à creuser dans le sous-sol d'une autre planète...

Mais avant cela, encore faut-il parvenir à rejoindre la Planète rouge... La température du bouclier thermique de Phoenix atteindra quelque 1.400 °C. L'appareil ouvrira ensuite un parachute, se débarrassera de son bouclier et déploiera ses trois pieds. A ce stade, l'engin aura perdu 99% de sa vitesse initiale, 20 000 km/h. Pas assez pour assurer un contact sans risque avec le sol. Commencera alors une manoeuvre audacieuse. A un kilomètre de la surface, Phoenix larguera son parachute. Après quelques secondes, les douze rétrofusées s'allumeront et tenteront d'équilibrer l'appareil. "Jamais, depuis les deux Viking voilà plus de 30 ans, la Nasa n'a tenté et réussi à poser une sonde en utilisant ce genre de système", s'inquiète Gilles Dawidowicz, directeur de l'Observatoire de Triel (Yvelines). En 1999, Mars Polar Lander, un atterrisseur dont Phoenix s'inspire, avait été perdu corps et bien au moment de l'"amarssissage". A 1 h 38 (heure de Paris), si tout va bien, Phoenix se sera posé sur Mars. La mission scientifique pourra alors débuter.



"Sur Terre, la vie se développe au contact de l'eau liquide. Or Phoenix se trouvera dans le cercle polaire de l'hémisphère Nord, sur un site dont le sous-sol regorge d'eau, quoique glacée", remarque Francis Rocard. Il faudra donc creuser. Pour cela, Phoenix est équipé d'une pelle qui grattera le sol jusqu'à une profondeur de 50 centimètres. "Les échantillons de glace recueillis passeront une batterie de tests. Les uns seront échauffés dans des minifours de la taille d'un capuchon de stylo et les gaz dégagés par la combustion seront analysés. D'autres passeront sous l'oeil de deux microscopes dont l'un réalise des observations jusqu'à l'échelle moléculaire", explique Gilles Dawidowicz. Ces expériences permettront de connaître les caractéristiques de la glace martienne. Possède-t-elle une acidité, une salinité propices au maintien de la vie? Y trouve-t-on des molécules nécessaires à son développement?

Dans quelques mois, lorsque viendront l'automne et l'hiver, Phoenix sera progressivement enseveli sous plusieurs mètres d'une neige composée de dioxyde de carbone. Et il n'y a aucune chance pour que l'appareil, d'un coût total de 450 millions de dollars, survive à cette dernière épreuve.


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