Retraites: La grève fait le plein
Publié le 22 mai 2008 à 18h05 par
La centaine de manifestations organisées jeudi à travers toute la France a rassemblé plus de 700 000 personnes selon la CGT, 296 000 selon la police. Sous le mot d'ordre "retraite solidaire", les grévistes ont dénoncé l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation. Dans les transports en commun, le mouvement était moins suivi qu'annoncé, sauf à Marseille où le trafic était fortement perturbé.

Le mouvement contre la réforme des retraites a rassemblé 700 000 personnes dans les rues selon la CGT. (Reuters)
"Retraite solidaire". Tel était le mot d'ordre de la centaine de manifestations organisées à travers toute la France jeudi. A l'appel de huit centrales syndicales, les grévistes sont descendus dans les rues de l'Hexagone pour dénoncer l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein.
Selon la CGT, ils étaient plus de 700 000 manifestants. A 17 heures, FO donnait, elle, le chiffre de 430 000. Le ministère de l'Intérieur a pour sa part comptabilisé 296 000 grévistes dans les rues. "Nous devrions dépasser l'objectif de 500 000 car d'autres manifestations sont prévues en fin de journée", a toutefois précisé un porte-parole du syndicat. Pour les centrales, la mobilisation est un succès. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), a ainsi estimé que ces chiffres auguraient d'une mobilisation réussie dont devra tenir compte le gouvernement.
Comme à l'accoutumée, les premiers défilés ont eu lieu en province. A Marseille, quelque 8 000 personnes selon la police, 60 000 selon les organisateurs, manifestaient à la mi-journée. Le cortège rassemblait des agents du secteur public, mais aussi des salariés du privé et des agents de manutention, qui, eux, dénoncent la réforme des ports autonomes. A Tours, les grévistes étaient entre 3 000 et 10 000 selon les sources tandis qu'à Grenoble, le cortège comptait 15 000 personnes.
En début d'après-midi, Paris a pris le relais de la grogne. Vers 14h30, le cortège a quitté la place de la Bastille vers 14h30 en direction de la place Saint-Augustin. Les dirigeants des huit principaux syndicats ont défilé côte à côte, et ce, en dépit de leurs divergences sur le sujet. Des lycéens, des enseignants et des pêcheurs faisaient également partis du cortège, aux côtés de l'Unsa, la FSU, Solidaires et l'Unef.
L'appel à descendre dans les rues a donc été entendu. Celui à observer une grève dans les transports en commun, un peu moins. Selon la direction de la SNCF, le taux de grévistes était, en fin de matinée, de 24,9 pour les seuls conducteurs. Dans les transports urbains, le mouvement est moins suivi qu'annoncé. Marseille connaît toutefois de fortes perturbations. Du côté d'Air France, la direction a annoncé un trafic perturbé par des "retards marginaux" à Orly jeudi matin, mais un programme de vols maintenus. Jeudi soir, François Fillon et Xavier Bertrand se sont félicités de l'application du service minimum dans les transports en commun qui a, selon eux, empêcher la paralysie du pays.
Mais pour les syndicats, l'ampleur du mouvement dans la rue doit contraindre le gouvernement à revoir son projet. "Si le gouvernement reste droit dans ses bottes, ça veut dire qu'il faudra une suite, on ne pourra pas en rester là ", a ainsi estimé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, dans le cortège parisien. Pour François Chérèque, le leader de la CFDT, "après un rapport de force de ce type, le gouvernement va être obligé de nous recevoir et on va remettre nos projets sur la table". Dans un communiqué, le Parti socialiste, lui, dénonce un projet "réalisé sans concertation et surtout sans négociation (...) marqué par la précipitation qui caractérise désormais chacune des prétendues réformes du gouvernement". Reste que pour ce dernier, François Fillon en tête, l'affaire est tranchée: le Premier ministre a rappelé mercredi soir sur France 2 que le passage à 41 ans était acté.
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