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Roméro: "Des souffrances qu'on ne peut soulager"

Publié le 28 février 2008 à 17h16 par

Jean-Luc Roméro, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (Admd-France), réagit au débat soulevé par le témoignage de Chantal Sébire. Selon lui, la loi Léonetti de 2005 est insuffisante et ne répond pas aux situations de grande souffrance. Il réclame l'ouverture d'un grand débat pour accorder à chacun le droit de mourir comme il le souhaite.

Jean-Luc Roméro se bat <i>''pour le droit de mourir dignement''</i>. - MaxPPP
Jean-Luc Roméro se bat ''pour le droit de mourir dignement''. (MaxPPP)


Quelle est votre réaction après l'appel lancé par Chantal Sébire?
Suite à son témoignage très émouvant, nous avons pris contact avec elle pour lui faire part de notre soutien. Je dois la rencontrer le 7 mars pour voir quelle aide nous pouvons lui apporter pour accomplir sa volonté, dans les circonstances qu'elle souhaite elle-même. Son histoire, comme celui d'autres personnes atteintes de pathologies graves et incurables, montrent qu'il faut mener un vrai débat pluraliste à l'Assemblée nationale sur la légalisation de l'euthanasie.

La loi Léonetti, en 2005, n'a-t-elle rien changé?
Elle constitue une avancée qui permet désormais de refuser l'acharnement thérapeutique. Mais la loi est insuffisante et elle a été faite par des parlementaires très majoritairement opposés à l'euthanasie. Il y a par ailleurs une totale hypocrisie: la loi française permet de laisser mourir de faim et de soif une personne à petit feu, en cessant de l'alimenter. Par contre, elle n'autorise pas à abréger les souffrances d'une personne qui en a fait la demande expresse.

Vous souhaitez donc dépénaliser l'euthanasie?
Je vous rappelle que toutes les enquêtes menées depuis 20 ans montrent que 80 des personnes qui ont entamé cette démarche l'ont ensuite abandonnée.


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