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Routiers: Embouteillage social

Publié le 16 juin 2008 à 15h24 par

Comme attendu, la nouvelle journée d'action des transporteurs est largement suivie, ce lundi. Quasiment toutes les grandes villes de France sont touchées par les opérations escargot, ainsi que plusieurs localités moyennes. Les routiers, insatisfaits par les mesures annoncées le 5 juin, persistent à demander de l'aide au gouvernement pour faire face à la flambée du prix du pétrole.

Les routiers continuent de demander de l'aide au gouvernement. - Reuters
Les routiers continuent de demander de l'aide au gouvernement. (Reuters)


L'appel aux opérations escargot lancé par les principales fédérations patronales des transporteurs routiers (FNTR, TLF et Unostra) a été largement suivi lundi. A la mi-journée, le Centre national d'informations routières (Cnir) recensait une trentaine d'opérations de ce type, dont la moitié sur les axes autoroutiers. Les grandes villes sont quasiment toutes touchées - Lille, Nice, Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nancy, Metz, Mulhouse - ainsi qu'un certain nombre de localités moyennes, à l'image d'Epinal, de Tarbes, de Poitiers ou encore de Cahors. A Paris, un cortège d'une centaine d'ambulanciers a créé des embouteillages sur le périphérique, avant de se rendre devant le ministère de la Santé. Un barrage filtrant pour les camions a par ailleurs été mis en place au poste-frontière franco-espagnol du Perthus.

Les camionneurs, parfois soutenus par les taxis, protestent contre la flambée du prix du pétrole, qui les affecte particulièrement, et demandent notamment au gouvernement d'augmenter leurs aides afin de les soulager. Ils souhaitent dans la foulée que les autorités fassent un geste sur les tarifs autoroutiers et sur les charges sociales. Ils ont néanmoins attendu 9 heures pour lancer leurs opérations, pour ne pas pénaliser les futurs bacheliers, qui passaient leur première épreuve – la philosophie – ce lundi matin.



"Allégez les charges salariales des entreprises", "Non au racket des autoroutes", pouvait-on lire sur les pare-brise des manifestants sur le périphérique de Lyon. Pour beaucoup, il s'agit de "l'opération de la dernière chance. Les mesures du gouvernement sont insuffisantes. Il faut des mesures urgentes sans quoi beaucoup d'entreprises vont mourir", a fait valoir Marie Héraud, responsable de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) en Poitou-Charentes.

Le 5 juin, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, avait annoncé une série de mesures jugées insuffisantes par les routiers. Il avait notamment proposé une sanction pour les clients qui refuseraient que les transporteurs répercutent la hausse du prix du carburant sur leurs tarifs, ou encore l'étalement du paiement des charges fiscales et sociales. "C'est de la provocation, le ministre ne nous a proposé qu'un succédané de choses que l'on a déjà obtenues lors des précédentes crises", avait alors réagi Gilles Mathelié-Guinlet, secrétaire national de l'organisation des transports routiers européens (OTRE).

L'action étant reconductible, ce mouvement pourrait bien se poursuivre mardi, sachant que Dominique Bussereau ne doit recevoir les transporteurs que jeudi. Dans la continuité de ce mois de juin socialement chargé, mardi doit avoir lieu une nouvelle journée d'action nationale, dans le domaine du temps de travail et les retraites, cette fois.


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