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SG: Kerviel entendu huit heures

Publié le 05 février 2008 à 14h40 par

Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société Générale de lui avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros, a été entendu pour la deuxième fois, lundi, par les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset. Son audition, qui concernait cette fois le fond du dossier, a duré huit heures. Christine Lagarde a par ailleurs fait savoir qu'il était mis sous protection policière.

Selon Jérôme Kerviel, la Société Générale fermait les yeux sur ses opérations. - Reuters
Selon Jérôme Kerviel, la Société Générale fermait les yeux sur ses opérations. (Reuters)


Huit heures. C'est le temps qu'il a fallu aux juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset pour auditionner Jérôme Kerviel sur l'affaire de la Société Générale. Rien de bien neuf pourtant dans ses déclarations. Le jeune homme de 31 ans devenu le trader le plus connu du moment a en effet confirmé ce qu'il avait déjà révélé. Il a pris des positions frauduleuses pour quelque 50 milliards d'euros et les a cachées par des opérations fictives. Il a agi seul, mais ne peut pas "croire que [sa] hiérarchie n'avait pas conscience des montants qu'[il] engageai[t]", d'autant qu'il n'était pas le seul employé à pratiquer ce genre d'opérations à risques. "J'ai été désigné (comme unique responsable) par la Société Générale; j'assume ma part de responsabilité mais je ne serai pas le bouc émissaire de la Société Générale", a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP.

C'est par ailleurs la banque qui a matérialisé la perte, selon lui, en liquidant les positions litigieuses du 21 au 23 janvier, en pleine crise des marchés financiers. "Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ça avance tranquillement, ça se passe bien. Il est en bonne santé et répond aux questions car il n'a rien à cacher", a résumé à Reuters un porte-parole travaillant désormais pour l'un des avocats du jeune homme, Me Elisabeth Meyer.

Liberté sous contrôle judiciaire

Il s'agissait de sa première audition depuis sa mise en examen, le 28 janvier, pour "faux, usage de faux, abus de confiance, et introduction dans un système de traitement automatisé de données". Les juges Van Ruymbeke et Desset l'avaient alors brièvement entendu. Ils l'avaient ensuite remis en liberté sous contrôle judiciaire, décision contre laquelle le parquet a interjeté appel. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit trancher sur ce point vendredi.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a pour sa part confirmé, mardi, que Jérôme Kerviel était sous protection policière, mais a démenti être à l'origine de cette décision. "Ce garçon fait l'objet de pressions des médias (...) de toute une série de gens qui veulent obtenir ces confidences, il est naturel qu'il soit protégé", a-t-elle estimé sur RTL. Mais "les décisions de protection ne sont pas prises au ministère de l'Economie", a-t-elle affirmé, précisant être en "contact interministériel avec le ministère de l'Intérieur qui a la qualité pour agir".

La ministre a également fait savoir que le gouvernement souhaitait "examiner de manière très attentive la manière dont la Société Générale établit ses comptes et déclare son résultat". Cette fraude pourrait conduire le gouvernement à rembourser un trop perçu chiffré à plus d'un milliard d'euros sur l'impôt sur les sociétés.

Elle préconise, enfin, la création d'un groupe au sein du gouvernement qui serait le premier informé de ce genre d'affaires "avec une garantie totale de confidentialité". Un des principaux reproches fait à la banque est en effet d'avoir tardé à alerter les autorités. La veille, la ministre a remis un rapport au chef du gouvernement, François Fillon, préconisant en premier lieu un renforcement des contrôles internes des établissements de crédit.


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