Sida: Le combat continue
Publié le 04 août 2008 à 21h48 par
La 17e conférence mondiale sur le sida s'est ouverte dimanche soir à Mexico. Accueillant des personnalités en tous genres et venues de toutes parts, ce rendez-vous, qui a lieu tous les deux ans, vise à encourager au dialogue et à dresser un bilan. Ce dernier est le suivant: moins de morts, plus de malades soignés, mais les spécialistes mettent en garde, relâcher la pression serait catastrophique.

La conférence internationale sur le sida se tient sur le thème "Action universelle Maintenant!". (Maxppp)
Un accueil chaleureux, des spectacles de danseurs vêtus en rouge et blanc ...à en croire la description qu'en fait le site de l'Onusida, le programme commun des Nations unies sur le VIH, la 17e conférence mondiale sur le sida (Sida 2008) s'est ouverte dans une ambiance aussi festive que le sujet est grave, dimanche soir, à Mexico. Organisée par les co-présidents de la société internationale du sida, les docteurs Pedro Cahn et LuÃs Soto RamÃrez, cette grande messe réunit tous les deux ans quelque 20 000 personnes venues du monde entier. Elle n'avait encore jamais été organisée en Amérique latine.
Cette année, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, mais aussi Peter Piot, directeur exécutif de l'Onusida, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé Margaret Chan, ou encore Karen Dunaway Gonzalez, une Hondurienne de 12 ans séropositive, figurent parmi la liste des invités. Durant une semaine, ils dialogueront et assisteront à de nombreuses conférences sur le thème: "Action universelle Maintenant! ". La ministre de le Santé, de la Jeunesse et des Sports française, Roselyne Bachelot, a en revanche fait savoir à la fin du mois de juillet, qu'elle ne se rendrait pas cette conférence "pour des raisons d'agenda".
33 millions de séropositifs
La jeune Hondurienne a prononcé le discours de bienvenue, appelant entre autre, au nom des quelque 33 millions de séropositifs dans le monde, les séronégatifs à cesser leur discrimination. "Beaucoup d'entre nous voulons être médecins, instituteurs. Je veux être chanteuse, mais réaliser ces rêves ne sera possible que si les médicaments sont garantis, que si l'on nous accepte dans les centres éducatifs et que si l'on nous laisse grandir sans violence, stigmatisation ou discrimination", a-t-elle lancé.
Dans son discours d'ouverture intitulé "Don't give up the fight" ("N'abandonnez pas le combat"), Peter Piot s'est pour sa part félicité d'un succès: "pour la première fois, moins de gens meurent du sida, et moins de gens sont infectés", s'est-il réjoui. Mais "la fin du sida n'est pas en vue. Relâchons nos efforts maintenant, et ça sera un désastre, a-t-il averti. Cela effacera tous nos investissements passés."
Des médicaments plus accessibles
Selon le dernier rapport annuel de l'Onusida, le nombre de morts du sida est en baisse (2 millions en 2007 contre 2,2 millions en 2005), et les malades sont plus systématiquement traités (leur nombre a été multiplié par dix ces six dernières années, passant de 300 000 personnes en 2003 à 3 millions en 2007). Les médicaments sont également de moins en moins chers et plus facilement accessibles grâce aux programmes publics et privés.
Toujours selon ce document, les pays d'Afrique sub-saharienne, notamment l'Afrique du Sud, le Botswana et le Swaziland, restent au centre de l'épidémie, qui s'est stabilisée depuis le pic de la fin des années 1990. Et les personnes les plus touchées restent les toxicomanes, les travailleurs du sexe et les hommes gays. Des progrès, donc, mais la maladie persiste à faire des ravages. D'où l'appel de Kofi Annan à augmenter le budget consacré à la recherche en la matière. "Comptez sur moi, je travaillerai à mobiliser les fonds, et à ce que le sida reste une priorité pour les Nations unies", a-t-il affirmé.
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