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Smic: Un "coup" dans l'eau

Publié le 23 juin 2008 à 13h19 par

Xavier Bertrand a tranché. Après l'augmentation de 2,9 risque bel et bien de passer inaperçue.

Le Smic, relevé une seconde fois en trois mois, peine à suivre l'inflation. - Maxppp
Le Smic, relevé une seconde fois en trois mois, peine à suivre l'inflation. (Maxppp)


Une augmentation en trompe-l'oeil. La nouvelle annoncée ce lundi par le ministre du Travail a des allures de pis-aller. La hausse de près d'un point porte à 8,63 euros brut de l'heure un salaire minimum condamné à courir derrière l'inflation. Huit centimes de l'heure en plus... pas de quoi pour autant rattraper des prix en augmentation rapide - +3,3 en cours d'année, le smic avait, pour la première fois depuis 1996, été relevé de 2,9% dès le mois de mai. La nouvelle hausse, tout juste inférieure à un alignement net sur l'inflation, intervient elle dans un climat économique tendu, les dépenses des ménages les plus modestes étant de plus grevées par le pétrole cher.

"Scotcher tout le monde au niveau du smic"

François Fillon avait, la semaine dernière, préparé le terrain, enterrant l'idée d'un "coup de pouce" allant au-delà de l'inflation. Le premier ministre avait qualifié de "très mauvaise idée" tout relèvement supplémentaire. Une augmentation "artificielle" qui présentait selon lui un double risque: celui de "tuer des emplois" tout d'abord, toute hausse n'incitant pas selon lui les entreprises à en créer de nouveaux; celui d'écraser "l'ensemble de la hiérarchie des salaires" ensuite, en réduisant d'autant l'écart avec les plus bas salaires.Un couplet alors repris dans la foulée de Fillon par Laurent Wauquiez, qui qualifiait d' "absurde et même contre-productif de faire ces coups de pouce complètement artificiels", qui conduisent selon le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi "à 'scotcher' tout le monde au niveau du smic".

Un argument repris par Xavier Bertrand, pour qui "le coup de pouce aux salaires doit bénéficier à l'ensemble des salariés et pas uniquement à ceux qui sont au smic". Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, est pour sa part loin de partager l'analyse gouvernementale : "En ne faisant pas de coup de pouce, le gouvernement prend la responsabilité d'une spirale où on va avoir une dégradation non seulement du smic mais de tous les salaires des premiers niveaux hiérarchiques"



S'il n'est pas question de toucher au smic, reconnu comme faisant partie des "consensus nationaux structurants", Xavier Bertrand retrouvera les partenaires sociaux de la Commission nationale de a négociation collective (CNNC) le 1er juillet prochain pour leur présenter son projet de réforme. Afin de coïncider avec les négociations de branche et d'entreprise qui se tiennent pour la plupart en début d'année, le réajustement annuel devrait être avancé au 1er janvier à partir de 2010. Soucieux d'en supprimer la dimension politique, la progression du smic pourrait être confiée à une commission indépendante. D'ici là, une seule chose est sûre : pour ceux qui partent en vacances avec un smic pour seul bagage, 1.037,53 euros net pour un salarié aux 35 heures, l'été sera chaud. Et la "bataille du pouvoir d'achat" loin d'être gagnée.


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