SOS de Mexico
Publié le 04 mai 2008 à 13h00 par
Elle est Française, et a été condamnée à 96 ans de prison au Mexique. Florence Cassez a lancé la semaine dernière un appel relayé par sa famille et désormais, par un avocat français, Frank Berton. Celui-ci entend reprendre le dossier à zéro et démontrer ses incohérences, en espérant aussi qu'une intervention diplomatique viendra faciliter la libération de sa cliente.

Florence Cassez en novembre 2007, au centre de réadaptation de Mexico. (DR)
"Je suis innocente. [...] Un enfant de 12 ans comprendrait les anomalies, les mensonges, la farce qu'il y a derrière ce dossier. [...] J'ai perdu une bataille, mais pas la guerre." C'était lundi dernier, sur les ondes de France Bleu Nord. Florence Cassez, une Française de 33 ans qui vient d'être condamnée à 96 ans de détention au Mexique pour quatre enlèvements, lance un SOS poignant à Nicolas Sarkozy depuis sa prison de Mexico City. Plutôt discrète depuis le début de l'affaire, sa famille a relayé son appel à l'aide, hier, lors d'une conférence de presse à Lille. "On a l'impression d'avoir pris un coup de poing dans l'estomac", lâche Charlotte Cassez, la mère de la jeune femme. A l'en croire, le dossier reposerait sur "de faux témoignages": "C'est tellement absurde qu'on était certains qu'elle serait innocentée. Notre avocat mexicain était confiant." Le SOS a, semble-t-il, été entendu: la famille Cassez va être reçue mercredi à l'Elysée par le président de la République.
Le cauchemar de Florence Cassez a commencé en décembre 2005. Ce jour-là , cette commerciale originaire du Pas-de-Calais installée dans la capitale mexicaine a rendez-vous dans un restaurant d'autoroute avec l'homme qu'elle fréquente depuis cinq mois et qu'elle vient de quitter, Israel Vallarta. Elle veut récupérer ses affaires et quelques meubles laissés chez lui. Elle n'en aura pas le temps: les deux ex-compagnons sont arrêtés par la police. Vallarta est accusé d'être le chef présumé du Zodiaque, un gang de preneurs d'otages, et Florence Cassez, de lui avoir prêté main-forte.
Pendant toute la durée de sa détention provisoire et durant son interminable procès (une trentaine d'audiences étalées sur un an et demi), la jeune femme ne cesse de clamer son innocence. Elle assure n'avoir jamais eu connaissance des activités criminelles de son compagnon. Quand le verdict, très lourd, tombe lundi dernier, Florence Cassez change de stratégie: elle presse ses parents de médiatiser l'affaire en France et décide de s'adjoindre les services d'un avocat français, afin de mettre toutes les chances de son côté dans la perspective de son procès en appel, dont la date n'est pas encore fixée.
Désigné vendredi par la jeune femme, Frank Berton, un pénaliste lillois qui a défendu deux des acquittés d'Outreau, entend "reprendre à zéro le dossier" et "démontrer toutes ses incohérences". "Nous souhaitons être sûrs que le procès en appel soit équitable. La France s'est battue pour les infirmières bulgares, elle doit aider Florence Cassez!" Maître Berton prépare déjà des arguments pour sa contre-offensive judiciaire et diplomatique: "L'homme qui dirigeait l'enquête de police est aujourd'hui secrétaire d'Etat. Il est difficile pour un juge de démolir le travail d'un si haut personnage." Et l'avocat de souligner que l'enquête est sujette à caution depuis le début. Au lendemain de l'arrestation des suspects, les policiers mexicains n'avaient pas hésité à les extraire de leur cellule afin d'organiser un simulacre d'arrestation dans le ranch de Vallarta. Un scénario assurément plus télégénique. Les enquêteurs avaient par la suite reconnu avoir mis en scène le spectaculaire coup de filet afin de prouver sa motivation à lutter contre les enlèvements, sport national au Mexique.
Pour Jacques-Yves Tapon, journaliste à France Bleu Nord et l'un des rares à bien connaître le dossier, "il y a beaucoup d'incohérences dans la procédure et de nombreux journalistes mexicains sont convaincus de l'innocence de Florence Cassez". Jacques-Yves Tapon, qui s'est rendu à deux reprises à Mexico, décrit une parodie de justice: "Le procès a eu lieu dans l'enceinte même de la prison. Les audiences se tiennent quasiment dans un couloir. La juge n'est pas tout le temps là , les témoins se font souvent porter pâles." Et le journaliste de conclure: "Une intervention diplomatique pourrait être utile pour s'assurer que le procès en appel sera équitable."
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Commentaires (1)
jonas2 | il y a 8 mois Signaler un abus Signaler un abus
mon dieu mais cette histoire est terrible ! Après, est ce que notre président va là sauver ?